Notre classe

Le rail en force !

Toulouse, les cheminots votent à nouveau la reconduction de la grève !

Publié le 19 mai 2016

Après une grève suivie à plus de 30% mercredi d’après les premières estimations (soit deux fois plus qu’au niveau national), les cheminots remettent le couvert dans la ville rose, déterminés à faire plier le gouvernement, le MEDEF et l’Union des Transports Publics (UTP) !

Correspondant

Mercredi, les grévistes accompagnés de Sud et FO avaient débuté leur assemblée générale à plus de 100 avant d’être rejoints par les cégétistes qui ont gonflés les effectifs pour monter jusqu’à 150. Ce retard étant dû au fait que la direction de la CGT-cheminots avait jugé bon d’appeler à une « assemblée de syndiqués » en contradictoire avec l’AG intersectorielle, ce qui a quelque peu électrisé l’atmosphère, enrichissant le débat.

Si les directives de la CGT ont tendu l’ambiance, ce sont presque 150 ouvriers qui ont voté à l’unisson la reconduction de la grève pour le jeudi 18 et une nouvelle AG inter secteurs pour décider de la suite.
Le lendemain, jeudi, les chefs de la CGT ont pourtant refusé de rassembler tous les secteurs, préférant se diviser par établissement (contrôle, conduite, aiguilleurs...). Ils avaient déjà défendu cette position la veille, alors que de nombreux grévistes leur avaient répondu avec agacement que c’était rentrer dans le piège de la direction qui n’attendait que la division des forces pour briser la mobilisation. « On est des travailleurs du rail avant d’être mécano ou contrôleur, ensemble on est une force et c’est ça qui leur fait peur ! » Mais les dirigeants cégétistes n’ont rien voulu entendre et ont fait comme il leur plaisait jeudi, avec en tête qu’ils devraient faire reprendre le boulot le vendredi comme le prévoient leurs directives nationales. C’est ainsi qu’après l’AG inter-sectorielle, différents groupes de collègues se sont réunis en assemblée, parfois à 20 mètres les uns des autres, et sans communiquer.
L’AG inter secteurs a tout de même eu lieu et a réuni près de 100 grévistes, en dépit du boycott sans surprise des syndicats réformistes et de la CGT-cheminots. Et ils ont voté à une très large majorité la reconduction de la grève pour vendredi !

Mais les grévistes ne se font pas d’illusions : si leurs collègues de la CGT, qui représentent 40% des voix aux élections professionnelles restent sur leur position de deux jours de grève par semaine, gagner la bataille ne sera pas une mince affaire. L’enjeu reste donc, avec plus de réalité encore que les semaines précédentes, de les convaincre un par un de venir en assemblée discuter avec tous les collègues et de prendre les décisions ensemble, avec ou sans étiquettes. Il s’agit là du seul moyen de construire un mouvement durable, démocratique, massif et victorieux. Les cheminots toulousains ont à portée de main la possibilité de suivre l’exemple de leurs collèges de Paris-Austerlitz, où les camarades de la CGT ont voté avec tous leurs collègues la reconduction de la grève et surtout, où ils participent et appellent aux assemblées générales, débordant le calendrier et les volontés corporatistes de leur direction nationale !