Notre classe

Communiqué de l’UL CGT

Tourcoing. Solidarité avec Franck, caissier à Dia licencié pour une erreur de caisse de 18 euros

Publié le 1er septembre 2016

Communiqué de l’UL CGT

En juillet, Karine, caissière du magasin Auchan City à Tourcoing, avait été licenciée pour une erreur de 85 centimes, puis réintégrée grâce à la mobilisation des salariés. A nouveau, la grande distribution se déchaîne sur les salariés, cette fois à Dia Tourcoing. Nous relayons le communiqué de l’UL CGT et invitons à construire la mobilisation la plus large contre la dictature patronale et pour la réintégration de Franck.

Pour les actionnaires de la grande distribution, les rentiers, les vrais assistés donc, les magasins où nous allons faire nos courses, c’est un véritable casino. On vend, on rachète, on magouille, on empoche, et sur fond d’appauvrissement de la population, on racle les fonds du « hard discount ».

Les salariés sont eux soumis à une pression intense, avec des salaires de misère et des conditions de travail dégueulasses. Comme ce sont eux les seules « variables d’ajustement », quand il faut dégraisser, on trouve des périmés dans leurs rayons ou des erreurs de caisse.

Tourcoing à nouveau victime des grands délinquants du capital

Après Karine, caissière ignoblement virée de Auchan City, puis réintégrée, voici le tour de Franck. Franck a 57 ans, plus de 10 ans dans le groupe (après un licenciement économique- Rank Xerox), 3 ans dans le magasin Dia de Tourcoing, rue du Chêne Houpline, à la caisse. Dans ce métier, durer jusq u’à cet âge, c’est rare. Il est d’ailleurs suivi par la Médecine du Travail qui lui interdit de faire des journées complètes, trop usantes. Il est bientôt à la retraite. Il envisage sa fin de carrière (salaire 1200 euros...) tranquillement, lui l’employé-modèle : jamais d’arrêt-maladie, aucune sanction ... Et puis, on entendit dire que le groupe Carrefour allait céder des magasins... Que le sien allait fermer... Que Carrefour devait le reclasser.

C’est à cette période que les ennuis commencent. Il est inexplicablement mis à pied deux jours en décembre 2015, pour ne pas avoir suivi une procédure technique (laquelle n’a aucune incidence économique). Il prend un coup sur la tête mais reprend le travail.

Une erreur sur 156 428 clients : soit un ratio de 0,0000063 %

Le 9 juin dernier, Franck scanne les articles d’une cliente : il y en a pour 18,17 euros. La paëlla en sachet sera accompagnée de rosé provençal. Elle paye par carte bancaire. Fait son code. Range ses courses dans son sac. Franck, distrait par le bruit dans le magasin et dans la rue, ne se rend pas compte que le ticket de caisse ne sort pas. La cliente s’en va. La cliente suivante passe ses propres articles.

Le lendemain, cette deuxième cliente revient avec son tic ket de caisse : les produits de la cliente précédente sont sur son ticket, elle les a payés ! En
effet, la carte bancaire de cette cliente précédente n’a pas fonctionné. Immédiatement, la vidéo-surveillance, appelée à la rescousse, confirme ce fait.

Franck n’est pas un voleur, évidemment. D’ailleurs il ne sera pas licencié pour faute mais pour « cause réelle et sérieuse ». Quand ? Il sera convoqué en entretien préalable... le 4 août. Soit quasiment deux mois après l’incident ! Deux mois durant lesquels il a continué de travailler, sans qu’on puisse rien lui reprocher. Et puis il est licencié par courrier daté du 12 août.

Pour Franck, c’est une catastrophe. Pour le groupe Carrefour c’est un joli coup : parvenir à se débarrasser à moindre frais d’un vieux salarié malade, qu’il ne faut plus reclasser, c’est une réussite managériale indiscutable.

Quand on songe que Franck a vu passer à sa caisse, selon nos calculs, depuis le début de sa carrière, 156 428 clients, son erreur d’inattention, la seule,
constitue un taux de déchet de 0,0000063 %.

Notre union locale exige la réintégration de Franck

Notre adhérent a le droit de continuer à nourrir et élever ses enfants. Il a le droit de continuer à se faire exploiter par le Groupe Carrefour jusqu’à sa retraite, en espérant que l’âge de celle-ci ne soit pas à nouveau repoussé. Il ne doit pas vivre dans la précarité et une galère plus grande que l’’actuelle. Dès lors, notre CGT va mettre toutes ses forces dans la bataille pour obtenir la nullité de ce licenciement infâme.

La réintégration de Franck à son poste représente 0,0000019 % de la fortune estimée de M. Arnault, l’un des actionnaires principaux du groupe Carrefour.

Signer la pétition pour la réintégration de Franck