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Solidarité de classe

Tract des agents portuaires du Havre : « je suis arracheur de chemises »

Publié le 11 décembre 2015

Alors qu’un délégué syndical du site havrais de Sidel est menacé d’être convoqué au tribunal, la CGT des portuaires s’est fendue d’un communiqué à la conclusion évocatrice : Je suis arracheur de chemises. Le conflit qui oppose les ouvriers de Sidel, menacés par 209 suppressions d’emplois, à leur direction est donc en train de sortir des murs de l’usine.

Frédéric Apoyo

A la menace d’une convocation de Reynald Kubecki, délégué syndical CGT-Sidel et secrétaire de l’Union locale CGT du Havre, le syndicat des portuaires menace d’appeler à une grève de solidarité pour leur camarade, et par la même occasion aux ouvriers de l’usine de Sidel à Octeville-sur-Mer, près du Havre.



En effet, le syndicaliste pourrait être auditionné dans le cadre de plusieurs dépôts de plaintes, dont on ignore l’objet, contre X. Ces plaintes auraient été déposées par des cadres de l’usine. Une attitude visant avant tout à mettre sous pression les ouvriers en grève, qui luttent contre la suppression imminente de 209 postes. 550 d’entre eux se sont ainsi rassemblés en assemblée générale ce vendredi, à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT-CFE-CGC. Alors qu’un nouveau PDG doit prendre ses fonctions le 1er janvier, les grévistes dénoncent le « mépris total des propositions faites par les syndicats à la direction » et affirment que l’arrivée de Sam Strömersten à la tête du groupe ne remettra absolument pas en cause le plan social en cours. « C’est quelque chose de très dur à vivre car on parle de supprimer 30 % des emplois sur le site ou de modifier certains contrats. Cela touche de nombreux salariés ».

Mettre la pression sur les ouvriers en grève pour faire passer aux forceps un plan de licenciement de grande ampleur, la méthode n’est pas nouvelle. Face à la répression patronale, qui vise un syndicaliste reconnu et actif dans la lutte, le communiqué du syndicat menaçant de rentrer dans la bataille en cas de sanctions est une réponse de classe apportée aux actions scélérates de déstabilisation de la direction. Alors que le gouvernement PS tente d’imposer une "trêve sociale" à sens unique pour satisfaire les désirs du MEDEF et du patronat en matière de casse sociale, la convergence des luttes et l’opposition frontale face à ces attaques violentes sont autant de facteurs déterminants à la résistance ... et à l’instauration d’un rapport de force pour préparer la contre offensive.