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Notre classe

Communiqué de presse CGT PSA Mulhouse

Dans l’automobile : travailler toujours plus… pour gagner moins

Nous relayons ici le communiqué de presse de la CGT PSA Mulhouse qui dénonce les agissements de la direction de PSA d'imposer des heures supplémentaires, dont la majorité ne seront pas payées.

Selon la direction, une subite demande commerciale de Peugeot 2008 l’amène à devoir imposer une avalanche d’heures supplémentaires jusqu’aux congés du mois d’août.

Sur les 3 premiers mois de l’année, c’est déjà 12 séances supplémentaires qui ont été travaillées (8 samedis matins, et 4 nuits du dimanche au lundi).

Et ce matin en réunion du comité d’établissement, la direction du site a annoncé :

- 15 séances supplémentaires d’avril à juillet (12 samedis matins, 3 nuits)
- 3 jours fériés travaillés (8 mai, jeudi de l’ascension, 14 juillet)
- des rallongements d’horaire de 12 minutes pour toutes les nuits de l’équipe de nuit jusqu’au 9 juin
- le "pont" de l’ascension, qui devait être réalisé (la directrice du site Mme Spilios était venue le confirmer lors du CE du 24 février), sera finalement travaillé.

Avec les différents accords de compétitivité (non signés par la CGT), la majeure partie de ces heures supplémentaires ne sont pas payées aux salariés :

- sur les 27 séances supplémentaires de janvier à fin juillet (hors jours fériés), seules 10 d’entre elles sont ou seront rémunérées. Les 17 autres servent à alimenter un "compteur de modulation", dans lequel la direction pioche pour compenser d’éventuelles périodes de chômage partiel (notamment en fin d’année, quand elle arrête la production pour faire baisser ses stocks). C’est comme si, sur un mois de travail de 20 jours, nous n’étions payés que 12,5 jours !

La prétendue demande commerciale, qu’on nous sert chaque année à la même période, ne justifie absolument pas que les salariés passent tout leur temps à l’usine !

En réalité, derrière ce faux prétexte se cache les choix de la direction en matière de production : avec le démarrage et la montée en cadence de la nouvelle ligne de montage (système 1), la production quotidienne a chuté de 300 véhicules. C’est pour cette raison que la direction impose toutes ces heures supplémentaires.

Mais ce n’est pas aux salariés de payer la note ! Avec les cadences actuelles (54 véhicules/heure au système 2, et un objectif de 58 v/h au système 1) et toujours moins de salariés*, ces rythmes de travail et ces semaines à rallonge sont de plus en plus difficiles à supporter.

La CGT s’emploiera à discuter avec les salariés pour que collectivement, nous puissions mettre un frein aux attaques de la direction.

Il y a 750 intérimaires qui travaillent en ce moment à l’usine : ils doivent être embauchés.

* depuis l’arrivée de Mme Spilios à la tête du site de Mulhouse en novembre 2013, 2 200 emplois en CDI ont été supprimés (7 700 à 5 500 salariés), soit une moyenne de 75 emplois en CDI par mois.

La prime de 2 000 euros... qui n’atteint pas 2 000 euros

Comme l’an dernier, les annonces de la direction de PSA en matière de prime d’intéressement ne sont pas suivies d’effet. Au moment de la publication des résultats financiers, Carlos Tavares affirmait que l’ensemble des salariés toucherait une prime d’un montant minimum net de 2 001 euros. Résultat : la direction sanctionne tous les salariés absents (pour maladie par exemple), et fait baisser le montant de la prime dès le 1er jour d’absence en 2016. Exemple : un ouvrier qui s’est fait opéré du dos et a subi un arrêt de 5 mois, se retrouve avec une prime quasiment divisée par 2 !

La CGT appelle les salariés à réclamer leur dû. Les bénéfices du groupe ont doublé en un an, il aurait du en être de même pour la prime.

Mulhouse, le 30 mars 2017

Pour la CGT PSA Mulhouse
Julien Wostyn




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