Monde

Catastrophe naturelle en période d’austérité

Tremblement de terre. Au moins 120 morts en Italie

Publié le 24 août 2016

Peu après 3h30 du matin, dans la nuit de mardi à mercredi, le Nord-Est de Rome a été frappé par un important tremblement de terre de magnitude 6.2 sur l’échelle de Richter. Il s’agit de la secousse sismique la plus importante et la plus meurtrière depuis celle de l’Aquila, dans les Abruzzes, qui avait fait plus de 300 morts, en avril 2009. Cela n’a pas empêché, néanmoins, la machine austéritaire à faucher les postes de pompiers et de secouristes depuis lors.

Ciro Tappeste

Un séisme important, de magnitude 6,2, a secoué plusieurs zones montagneuses d’Ombrie et des Marches, mercredi 24 août, à 3h30 du matin. Plusieurs villages autour de Rieti ont été rasés et les autorités font état, mercredi soir, de plus de 120 morts et 368 blessés, une centaine d’habitants étant toujours portés disparus.

Répondant à une polémique qui commence déjà à enfler au sujet de retards importants des secours, le premier ministre italien Matteo Renzi (centre-gauche) a déclaré que son gouvernement « ne lasserait personne seul, aucune famille, aucune ville, aucun hameau ». Les souvenirs du tremblement de terre ayant meurtri l’Aquila, en avril 2009, est encore dans tous les esprits. Le séisme et la « reconstruction », pilotée par Berlusconi et ses amis, avait donné lieu à toutes sortes de pots-de-vin, de détournements et à une gabegie généralisée.

Pour l’heure, les pompiers fouillent les décombres parfois à mains nues, à la recherche de survivants. En cas de tremblements de terre, le pire ennemi des secouristes, c’est la montre. Antonio Jiritano, pour l’Union Syndicale de Base, très présente chez les pompiers, dénonce également l’autre ennemi contre lequel les hommes et les femmes ont à se battre, à savoir l’austérité. Les réductions budgétaires opérées depuis 2000, la Réforme de la Protection Civile voulue par le gouvernement technocrate de Monti en 2011 et toujours en vigueur de même que le non-remplacement des pompiers partant à la retraite et les coupes budgétaires opérées par Renzi ont réduit considérablement les capacités d’intervention des pompiers, et ce encore plus dans le cadre de la saison estivale, les soldats du feu italiens intervenant jusqu’à 2100 fois par jour sur l’ensemble du territoire pour lutter contre les incendies.