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Trump abroge par décret les politiques environnementales d’Obama

L’exécutif américain revient sur le peu de mesures prises par le précédent gouvernement au profit des industries de l’énergie. Trump avait déjà autorisé la construction de l’oléoduc de Keystone.

Le président des États-Unis Donald Trump a signé ce mardi un décret qui, d’après lui, rend « l’indépendance énergétique du pays », en commençant par abroger les mesures prises contre le changement climatique, déjà partiales et insuffisantes, de son prédécesseur, Barack Obama.

Dans sa brève intervention avant de signer le décret, au siège de l’Agence de protection de l’environnement (EPA, institution au rôle clé dans les politiques environnementales d’Obama, aujourd’hui dirigée par le climato-sceptique Scott Pruitt) à Washington, Trump a annoncé le début d’une « nouvelle ère » pour la production énergétique aux États-Unis et la fin de « l’intrusion » gouvernementale dans le secteur.

Trump a aussi déclaré que « la guerre contre le charbon » est terminée, promettant l’annulation des régulations du gouvernement fédéral qui « tuent les employés » et l’anticipation d’une « nouvelle révolution énergétique », en encourageant la production nationale. Selon lui, il s’agit de « créer des emplois » et « make America rich again  », c’est-à-dire plus de profit pour le patronat américain.

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Pendant sa campagne électorale, Trump avait déclaré vouloir reconstruire l’industrie du charbon pour «  récupérer les emplois perdus ». Les industriels ont évidemment ovationné le décret : augmentation de la production de charbon n’est pas forcément synonyme de nouveaux emplois vu l’automatisation des industries en cours.

Le décret permet à Trump d’abroger toutes les mesures qui obligeaient la diminution des émissions de carbone de ses centrales électriques, en revenant sur l’accord de Paris de décembre 2015. Accord dans lequel figurent peu de mesures concrètes contre les principaux pollueurs de la planète, à savoir les capitalistes industriels.

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Ce décret de Trump demande la révision et la modification des directives du America’s Clean Power Plan d’Obama, lancé en 2015, avec l’objectif d’une réduction des émissions de carbone de 32 % d’ici 2030. Ce plan d’Obama contre le changement climatique était provisoirement bloqué devant la Cour suprême depuis février 2016. L’ancien président prétendait pouvoir remplacer le charbon des centrales électriques par des plantes approvisionnées en gaz naturel, alors qu’il venait de permettre l’augmentation de l’extraction des gaz de schistes par fracturation hydraulique, fortement remise en cause aux État-Unis pour son impact environnemental.

Le gouvernement de Trump n’a toujours pas décidé s’il acceptait les compromis de l’Accord de Paris, malgré le fait que plusieurs membres de leurs cabinets, entre le secrétaire de la Défense, James Mattis, et d’État, Rex Tillerson, aient indiqué avant les élections être en faveur du pacte climatique.

La semaine dernière, Trump acceptait de concéder à l’entreprise canadienne TransCanada un permis de construire pour l’oléoduc Keystone XL. Projet abandonné par Obama grâce à la mobilisation des militants et habitants de la zone, comme le projet Dakota Access Pipeline annulé un mois avant les élections, lui aussi grâce à la mobilisation des Sioux et militants.




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