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Du grand Trump !

Trump divulgue des informations secrètes à la Russie

Moins d’une journée après avoir limogé James Comey, le directeur du FBI en charge de l’enquête sur le rôle de la Russie dans l’affaire des mails de Clinton, qui a grandement nuit à sa campagne et favorisé Trump, ce dernier est soupçonné d’avoir divulgué des informations secrètes au chef de la diplomatie russe. Une idiotie de plus pour le président républicain ou un acte de trahison prémédité pour donner des gages à la Russie ?

Après le limogeage du chef du FBI…

 
Le renvoie brutal du chef du FBI avait déjà provoqué des remous dans la classe politique américaine et dans l’opinion publique au point que la presse évoquait un nouveau Watergate, faisant ainsi référence au scandale qui avait conduit Richard Nixon à la démission de la présidence de la République en 1974. La politique autoritaire et impulsive du président des États-Unis s’illustrait une fois de plus, et d’une manière peu commune, dans ce régime. Mais la visite de Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, et l’accueil très chaleureux que lui a réservé Trump ont encore aggravé la crise de confiance qui touche le président qui bat des records d’impopularité dans les sondages. En effet, le Washington Post a annoncé que, lors de cette visite, Trump avait divulgué des informations tenues secrètes sur Daesh. Ces dernières avaient été transmises au gouvernement américain par un pays allié qui ne voulait pas que la Russie soit tenue au courant. Elles concerneraient des méthodes d’attentats projetées par l’État islamique dans des vols commerciaux. Prodigue en informations, le président serait même allé jusqu’à indiquer la ville où une telle attaque est préparée, ce qui constitue une information capitale pour la Russie, présente en Syrie.

Une présidence autoritaire

 
Outre que Trump ait trahi la confiance des services de renseignement d’un pays allié, il a outrepassé ses prérogatives en matière de déclassification des documents tenus secrets. Comme le rappelle, Michael McFaul, ancien ambassadeur américain en Russie, le président n’a pas «  l’autorité pour déclassifier des renseignements que d’autres pays nous ont fournis  ». Mais l’inconséquence du président récemment élu est allée jusqu’à diffuser des informations classées code word, c’est-à-dire les informations les plus sensibles auxquelles les services aient affaire. Comme le mentionne un officiel américain, Trump «  a révélé plus d’informations à l’ambassadeur russe que nous n’en avons partagées avec nos propres alliés ».

Une réponse insuffisante

 
Face à la gravité des telles accusations, la réponse de la Maison-Blanche s’est faite immédiate, mais elle brille par son caractère vague. Le général McMaster, conseiller à la sécurité nationale du président, et le secrétaire d’État Rex Tillerson ont démenti les affirmations du journal américain mais sans répondre directement aux interrogations que soulève cette affaire. Bien qu’« aucune source de renseignement, ni méthode, n’a[it] été évoquée à aucun moment, et [qu’]aucune opération militaire n’a[it] été divulguée, qui n’était pas déjà connue publiquement  », il n’en reste pas moins que le mystère reste entier pour savoir si des informations concrètes ont été transmises ou pas. Un silence qui en dit long sur la confusion de la situation et sur la tension qui règne autour de l’entrevue du président avec la délégation russe.

Une crise de confiance qui s’approfondit

 
De tous bords, les critiques fusent contre le président américain, renforçant ainsi sa chute dans les sondages, lui qui est déjà le président le plus impopulaire des États-Unis. Les démocrates réclament une explication circonstanciée de la part du président tandis que dans le camp des Républicains, Bob Corker, élu du Tennessee, s’inquiète de la « spirale destructrice  » dans laquelle se trouve l’administration et déplore que « le chaos créé par le manque de discipline [soit] en train de créer un environnement préoccupant  ».

Les services de renseignement s’inquiètent également de la légèreté avec laquelle Trump manipule des informations aussi confidentielles, lui qui avait reproché pendant toute sa campagne le même défaut chez Hilary Clinton. L’ancien diplomate Eliot Cohen résume la gravité de la situation : « Si c’est accidentel, cela serait considéré comme une faute grave pour n’importe qui d’autre. Si c’est délibéré, ce serait une trahison ».

Une connivence avec la Russie ?

 
Les relations de Trump avec la Russie sont pour le moins obscures. Soupçonné dès le mois de janvier dernier d’être un pion de la Russie et de subir un chantage de la part du Kremlin, qui posséderait des vidéos compromettantes de lui en train de réaliser des golden shower sur des prostituées au Ritz Carlton de Moscou en 2013, le Président n’a cessé d’entretenir le flou sur ces relations avec les Russes. Le récent limogeage de James Comey, chef du FBI, qui venait de rouvrir le dossier des mails de Clinton où on soupçonne l’influence russe, laisse à penser que le chef de l’État ne voit pas d’un bon œil qu’on fouille dans ses rapports avec la puissance rivale des États-Unis.

Quoi qu’il en soit, la divulgation dont s’est rendu responsable Trump renforce la crise des institutions que traversent les États-Unis. Celui-ci voit sa légitimité encore plus affaiblie, dans un contexte où il n’est pas impossible que Trump n’arrive pas au bout de son mandat, quand certains évoquent la possibilité d’un recours à une procédure d’impeachment.




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