Monde

Jour 1 dans l’Amérique de Trump

Trump élu, les témoignages de violences ne se comptent déjà plus. Compilation

Publié le 11 novembre 2016

Cela fait deux jours à peine, et déjà les violences se sont démultipliées. Depuis la France, on voit que l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis permet le déferlement d’une puissante vague d’expression raciste, sexiste, xénophobe, islamophobe, homophobe, transphobe, voire relevant du nazisme, à propos des minorités opprimées. On le voit ici au travers de nombreuses compilations qui naissent sur les réseaux sociaux et répertorient un nombre impressionnant de violences qui ont fait suite à la victoire de Trump, dont notamment le journaliste et activiste Shaun King sur sa page Facebook, et une page Twitter intitulée « Day 1 In Trump’s America » (« Jour 1 dans l’Amérique de Trump »).

Manon Véret

A l’école, à l’université, jusque dans la rue, devant chez soi… Des utilisateurs de Twitter témoignent

Shaun King : « Ceci vient d’une enseignante. J’en ai des douzaines comme ça, des jeunes filles qui ont eu leur vagin « attrapé » hier au nom de Trump »
Simone Zavala Nolet : « Alors une des tantes de mon élève a dû venir chercher sa fille à l’école aujourd’hui parce qu’un garçon lui a « attrapé » le vagin. Elle a 10 ans. Quand j’ai demandé pourquoi, il a dit que si un président peut le faire, je peux aussi. Jour 1. »

« #DonaldTrump a gagné les élections et déjà les blancs ne savent pas comment réagir. Ce garçon blanc m’a dit que je suis un nègre et je devrais cueillir du coton. »

« Même pas encore 24h. La sœur de mon ami, qui est musulmane, a été menacée au couteau par un supporter de Trump dans le bus qui l’amène au campus de UIUC (University of Illinois Urbana-Champaign) »

« Celui qui a fait ça, il aura affaire à moi »

« Je viens de vivre une des choses les plus HORRIBLES que j’ai jamais vécues !!! Pendant que je prenais de l’essence, une voiture s’est garée à côté de moi… quatre hommes en sont sortis… tous sont blancs… puis ils ont commencé à parler des élections et à quel point ils étaient contents de ne plus avoir affaire aux nègres pour très longtemps… étant ce que je suis, je suis restée silencieuse… jusqu’à ce que l’un d’entre eux marche vers moi… et dit « à quel point as-tu peur, toi la pute noire ??? Je devrais juste te tuer maintenant, tu sers à rien ! » Je continue à ne rien dire… je garde la tête baissée… puis il continue de parler : « quoi, tu es sourde ou quoi, la nègre ?? » Puis un autre mec vient et me fait un bras d’honneur… il dit « tu as de la chance qu’il y ait des témoins car sinon je te tuerais juste là »… maintenant il y les larmes… des torrents de larmes… ils partent… J’ai appelé la police, mais je suis tremblante… énervée… et confuse… est-ce que c’est ce à quoi l’Amérique va ressembler à partir de maintenant ??!! »

« Je suis rentrée dans ma chambre et j’ai très mal au cœur. » Il est écrit sur le papier de la deuxième photo : « Hey Maria, Trump a gagné alors… voici un petit aperçu de ce qu’il va arriver #mur (cœur) Izzy »

-  « Un enfant soutenant Trump a fait ça à mon fils. Il a dit qu’il était impatient que Trump déporte mon fils.
-  Quoi ! Qu’est ce qui s’est passé ?
-  Je n’en peux plus. On l’a appelé stupide Mexicain et le garçon a dit je suis impatient que Trump te déporte. Le prof lui a dit que s’il recommençait, il serait renvoyé.
-  Tu dois faire un rapport par la police si tu ne l’as pas encore fait.
-  La police a dit que c’était l’affaire de l’école.
-  Vraiment !! »

Shaun King : « Un principal en Pennsylvanie a avoué que des élèves blancs scandaient : « Cueilleur de coton, Tu es un nègre, Heil Hitler » »

Maha Abdul Gawad : « Ma première rencontre raciste après cette blague de nouveau président, alors que je suis à Wallmart [grand magasin comme Carrefour etc., NdT] aujourd’hui une femme vient vers moi et m’arrache mon voile et dit « ce n’est plus permis, alors promène toi avec autour de ton cou, pas sur ta tête. » Je suis traumatisée. »