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Politique

Puissances impérialistes

Trump et Macron réunis pour le défilé du 14 juillet

Pour ce traditionnel défilé du 14 juillet, Emmanuel Macron avait invité celui qui est maintenant son meilleur ami à l’international, Donald Trump. Les deux présidents se sont extasiés devant cette démonstration de puissance, tandis que se renforcent les liens entre les deux exécutifs.

Deux enfants s’extasient devant un défilé de machines à tuer

Pour qui a en tête des images douloureuses des populations bombardées à Mossoul par la coalition internationale ou encore les celles de la famine qui sévit au Yémen, les images de Macron et Trump saluant les troupes qui défilaient pour ce 14 juillet sont tout de suite moins réjouissantes. L’extase des deux présidents devant les diverses machines qu’ils vendent aux quatre coins du monde pour massacrer parfois des populations entières est ainsi à l’inverse des peines de ceux qui reçoivent les munitions tirées par ces mêmes engins. Des missiles tirés sur le Moyen Orient par les Rafales de l’armée de l’air ou des F-22 Raptor de l’US Air Force, aux canons Caesar qui ont pilonné Mossoul ces dernières semaines en passant par les chars Leclerc qui, vendus aux Emirats Arabes Unis, tuent tous les jours les « rebelles » Houthis au Yémen, chaque portion de défilé était à lui seul un hymne à la guerre. Et ne parlons pas de la promotion univoque des opérations françaises à l’étranger, notamment au Sahel. Plus généralement, le défilé était une promotion des armées françaises et de leur capacité à « combattre le terrorisme » et à défendre les « intérêts français à l’étranger ». La venue de Trump ajoutait à cette traditionnelle euphorie guerrière le rappel que la France et les USA sont unis dans cette politique impérialiste à travers le monde. Dans son allocution présidentielle, Emmanuel Macron a tenu a rappeler sa vision des choses : « En ce 14 juillet, nous célébrons la France, nous célébrons ce qui nous unit, nous célébrons ce goût absolu de l’indépendance qu’on appelle liberté, a-t-il lancé. Cette ambition de donner à chacun sa chance qu’on appelle égalité. » Une « liberté » et une « égalité » qui sont dans la bouche du président synonymes de bombardements des régions riches en hydrocarbures et soutien aux pires dictatures du monde, en Afrique et ailleurs.

Une « amitié » de Trump et de Macron qui contente tout le monde

Le défilé était, en termes diplomatique, un fort coup de communication d’Emmanuel Macron comme de Donald Trump. En effet, du côté américain, l’hôte de la Maison Blanche, qui risque tous les jours de s’isoler un peu plus, a tout intérêt à s’afficher à côté de ce nouveau président de « start-up nation », qu’il a congratulé à de nombreuses reprises : « vous avez un président fantastique qui a du cran  » a ainsi déclaré Trump jeudi 13 juillet. Pour Trump, Macron est avant tout un interlocuteur qui pourrait lui permettre de réduire son isolement sur la scène internationale, à un moment où les relations avec l’Allemagne sont particulièrement tendues, et où les relations avec la Russie sont pire encore. La concordance conjoncturelle des intérêts nord-américains et hexagonaux permet donc aux deux présidents de marteler leur entente sur divers sujets, notamment sur la « lutte contre le terrorisme » au Moyen Orient et leur velléités interventionnistes en Syrie, ou encore l’alliance militaire que l’Elysée construit au Sahel et que Macron espère faire financer par Trump. L’isolement de l’hôte de la maison blanche serait un fort problème pour Macron, qui a besoin de l’impérialisme américain pour consolider ses positions au Moyen Orient, contre la Russie notamment. De plus, les deux états ont sensiblement les mêmes alliés dans la région, avec le Qatar et l’Arabie Saoudite, dont les relations désormais très conflictuelles n’arrangent ni l’un ni l’autre. Pour résumer tout cela, Macron expliquait dans une interview à Ouest France que « nous avons un point de convergence qui est essentiel : la lutte contre le terrorisme et la protection de nos intérêts vitaux », avant de préciser qu’« au Moyen-Orient comme en Afrique, notre coopération avec les Etats-Unis est exemplaire ». Si ces accords sur certains dossiers centraux ne sont que conjoncturels, il n’en pas fallu plus au président français pour proclamer que « la présence aujourd’hui du président Donald Trump et de son épouse est le signe d’une amitié qui traverse les temps  ».

Crédits photos : AFP




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