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Monde

Quand les « midterms » approchent...

Trump menace (encore) de fermer la frontière avec le Mexique

Comme à son habitude, Trump a une nouvelle fois lancé ses menaces à coups de tweets. Le jeudi 18 octobre, il en a pondu une petite série sur la frontière mexicaine et les migrants

« Je dois, dans les termes les plus forts, demander au Mexique de stopper cet assaut - et s’il n’en est pas capable, je ferai appel à l’armée américaine et FERMERAI NOTRE FRONTIERE DU SUD !.. ».

« L’assaut sur notre pays à notre frontière sud, y compris les éléments criminels et les DROGUES qui affluent, sont beaucoup plus importants pour moi, comme président, que le commerce et l’AEUMC  » (accord commercial conclu en septembre avec le Canada, le Mexique et les USA).
Dans un troisième, il ne gêne pas pour comparer directement les migrants à des délinquants.

Mais Trump n’en est pas à son premier tweet xénophobe et à trois semaines des élections de mi-mandat, il se rabat sur ses thèmes de campagnes. C’est bien ça l’enjeu de l’offensive, les « midterms ». Si Trump sait qu’il ne peut pas, pour l’instant, mettre à exécution ces menaces, à l’image du mur qui devait être construit le long de la frontière (il n’avait pas réussi à faire voter les fonds nécessaires au Congrès), celles-ci visent essentiellement à contenter sa base électorale.

Le Congrès sera renouvelé le 6 novembre 2018 et ces élections ne sont pas jouées d’avance car beaucoup d’Etats affichent des intentions de vote très serrées. Avec une cote de popularité en forte baisse, ce scrutin prend des allures de « référendum anti-Trump », ce qui explique l’investissement important de Trump dans cette campagne (40 jours de déplacements sur 3 mois ).

Faisant face à de profondes divisions au sein de son propre parti, de la bourgeoisie américaine et de « l’état profond », Trump n’aborde pas cette échéance électorale dans une position très confortable. Si un échec ne sonnerait pas la fin de sa présidence, cela pourrait encore plus déstabiliser son gouvernement et accentuer ces mêmes divisions. Le président cherche donc à reconquérir un électorat en partie perdu durant son début de mandat par son discours raciste et sans complexe. 

Photo : MANDEL NGAN/AFP




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