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Charlottesville

Trump signe une résolution contre les suprémacistes blancs du bout des doigts

Ce jeudi Donald Trump a promulgué une résolution du Congrès contre les suprémacistes blancs. Cette résolution fait suite à l’assassinat d’une militante Anti-raciste par un Néo-Nazi à Charlottesville en août dernier. Pour autant, Trump est toujours aussi complaisant avec l’extrême droite états-unienne.

Crédits photos : Mario Tama // Getty Images

Le texte signé par le président américain contre les suprémacistes blancs condamne en premier lieu les événements de Charlottesville. En effet, des confrontations entre des manifestants anti-racistes et des suprémacistes blancs durant plus de deux jours ont fait plusieurs blessés et une morte, Heather Heyer écrasée lors d’une attaque à la voiture bélier par un militant néo-nazi qui a foncé sur les militants anti-racistes. La résolution votée par le Sénat lundi, puis la Chambre des représentants mardi vise l’ensemble des suprémacistes blancs, néo-nazis, Ku Klux Klan, etc. Trump s’est dit « avoir été heureux » de signer le texte, ajoutant qu’en « tant qu’Américains, nous condamnons les récents actes de violence à Charlottesville et nous nous opposons à la haine, au sectarisme, au racisme sous toutes ses formes ». Mais il ne pouvait faire autrement que de signer après que l’ensemble des chambres l’ait adopté, sans quoi il aurait dû faire face à un nouveau scandale dont il n’a pas besoin en ce moment.

Personne n’a oublié ses positions juste après les événements, lorsqu’il avait développé un discours sur le « bien et le mal, les gentils et les méchants », aux airs de Bush, indiquant qu’« il y a aussi des méchants de l’autre côté ». Une réaction qui avait choqué mais qui s’inscrit parfaitement dans la ligne de Trump. Si ses propos sont d’abord dirigés contre les militants anti-racistes, il a fait plus tard allusion à des militants antifas, notamment ceux ayant attaqué ses partisans le 28 août, permettant ainsi de jeter le discrédit sur les militants anti-raciste. In fine, ses propos permettent surtout de s’assurer d’une partie de ses soutiens, proches des mouvances d’extrême droite.

Si Trump en est arrivé à ratifier ce texte, c’est bel est bien pour tenter de maîtriser sa baisse de popularité et non pour des raisons humanistes. Il est devenu le président le plus détesté de l’histoire des USA avec, en quelques mois de mandat, un taux d’avis favorable de 34%. Ses déclarations sur les événements de Charlottesville avaient provoqué un scandale dans le pays et avaient provoqué le départ de plusieurs membres de son cabinet, tandis que des oppositions politiques s’élevaient dans son propre camp. Les fortes mobilisations dans le pays après les événements de Charlottesville, comme à Boston où 40 000 personnes ont scandé « Rentrez chez vous nazis », ont poussé le président a revoir sa position. Sous la pression grandissante de la rue, la condamnation du Sénat et du Congrès, le président états-unien a dû faire un rétropédalage sémantique. Cependant, il n’a pas stoppé son projet de mur à la frontière mexicaine qui entretient les idées racistes et xénophobes. Ce n’est pas parce qu’il a signé ce texte que les afro-américains pourront sortir le soir dans les rues sans avoir peur de se faire abattre par la police : malgré tout, Trump reste le principal ennemi des classes populaires et racisées.




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