Jeunesse

Un rejet massif chez les 18-34 ans

USA. La jeunesse contre Trump

Publié le 9 novembre 2016

C’est un résultat qui illustre à merveille la fracture générationnelle qui traverse la société américaine. En effet, si on se concentre sur la tranche d’âge 18-34 ans, Donald Trump n’aurait été vainqueur que dans ... 5 états, totalisant seulement 23 grands électeurs.

Frédéric Apoyo

Trump loin de faire l’unanimité chez les jeunes... c’est peu de le dire !

S’il y a une partie de l’électorat qui n’a absolument pas était séduite par Donald Trump, c’est bien la jeunesse ! Chez les 18-34 ans, le néo-président américain subit une lourde défaite. A tel point que si cette tranche d’âge avait était la seule à voter, le résultat aurait été radicalement différent. Hillary Clinton aurait bénéficié de 504 voix des grands électeurs contre... 23 pour Donald Trump. Un résultat qui illustre une fracture générationnelle nette et profonde dans la société américaine. Et le constat est à peine plus reluisant lorsque l’on s’intéresse seulement à l’électorat « jeune blanc », ou Trump totaliserait 163 grands électeurs.

Un plébiscite pour Hillary ou un rejet massif pour Donald ? La seconde hypothèse est la plus crédible

Si une hypothèse pourrait être que cet électorat ait été « séduit » par le discours de Clinton, plusieurs éléments viennent la contredire. En effet, le sentiment de « dégoût » vis-à-vis de la campagne au sein de l’ensemble de la population (plus de 80%) ne laisse guère de place à un tel plébiscite. Hillary Clinton, symbole de l’establishment et héritière de la politique désastreuse de Barack Obama, et notamment en ce qui concerne la jeunesse, n’est pas apparue comme une candidate réellement crédible aux yeux de la jeunesse. En effet, le phénomène Bernie Sanders avait bien plus captivé cet électorat, et la défaite de ce dernier à la primaire n’a semble-t-il pas désarçonné la jeunesse, jusqu’à la pousser dans les bras d’un Donald Trump apparaissant, à tort, comme un candidat anti-système. En grande partie, l’effet « voter pour le moindre mal » a été prépondérant dans la jeunesse, loin de se satisfaire du discours réactionnaire d’un Donald Trump.

C’est donc bel et bien faute d’alternative que la jeunesse a voté massivement pour Hillary Clinton. Une jeunesse qui entreprend son expérience politique en ayant comme référence les mouvements Occupy Wall Street, la lutte pour le salaire minimum à 15 dollars par heure, ou bien encore Black Lives Matters. Une jeunesse qui réapprend peu à peu à rêver d’un autre monde, qui a pris au sérieux les mots d’un Sanders en faveur du socialisme, et pour qui la victoire de Trump tombe comme une catastrophe, comme leur pire cauchemar. C’est bel et bien de cette nouvelle génération politique, qui émerge dans les entrailles de la crise économique et politique, que pourra surgir l’espoir de stopper la mise en place du programme réactionnaire de Donald Trump. La condition pour cela sera de perdre toute illusion dans le Parti démocrate et ses différentes ailes, pour avoir confiance dans sa propre force et capacité de lutte.