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Black lives matter

USA. Ouverture du procès pour le meurtre policier de Laquan, jeune noir tué de 16 balles

Ce lundi 17 septembre s'est ouvert à Chicago le procès de Jason Van Dyke : le policier est incriminé pour l'assassinat de Laquan McDonald en octobre 2014. C'est lors d'un contrôle policier que le jeune homme noir alors âgé de 17 ans a été abattu froidement par 16 balles dans le corps, toutes tirés par Jason Van Dyke. Trois ans après la publication de la vidéo du meurtre, le procès très attendu débute.

Crédit photo : vu sur CNN

Le 20 octobre 2014 dans la soirée, la présence de cambrioleurs est signalée à la patrouille dans laquelle se trouve alors Jason Van Dyke. Quelques minutes plus tard il arrive dans la rue où le jeune Laquan McDonald est en train de courir. Ce dernier ralentit à la vue des policiers et se dirige vers le trottoir sans le moindre geste de violence. Il tombe alors à terre, abattu sous le coup de la première balle. Quinze autres suivront.

En Novembre 2015, donc plus d’un an plus tard un scandale éclate : il existe une vidéo de la scène du meurtre que les autorités de la ville refusent de publier. C’est tout un système qui se met en branle lorsqu’il s’agit de protéger un policier, même meurtrier : dans un premier temps les policiers ont refusé de prendre les témoignages qui n’allaient pas dans leur sens, puis une heure de vidéo surveillance d’un Burger King à proximité a disparu, les policiers étant entrés dans le restaurant pour l’effacer peu de temps après le meurtre. Enfin, c’est le maire de la ville lui même, Rahm Emanuel, qui a refusé la diffusion de la vidéo de tableau de bord de la voiture de police. Cependant suite à la décision du tribunal de publier cette vidéo, une partie des habitants de Chicago est descendue dans la rue. La colère et l’ampleur de la mobilisation ont fait suffisamment de bruit pour entraîner le limogeage du chef de la police de Chicago et l’ouverture d’une enquête sur les méthodes des forces de l’ordre dans la ville.

Aujourd’hui alors que le procès débute, la vidéo est une preuve qui va évidemment jouer un rôle central. Ce qui n’empêche pas Van Dyke de plaider non-coupable, affirmant s’être senti en danger face à un jeune qui aurait été sous l’emprise d’un psychotrope hallucinogène. Cette rhétorique est souvent utilisée par les forces de l’ordre et les médias, après un meurtre policier. En faisant passer la victime pour un dangereux drogué ils tentent ainsi de renverser la situation et de justifier les tirs fatals des policiers. Si la mécanique est bien huilée c’est parce que la situation est courante, aux Etats-Unis se sont plus d’un millier de personnes qui décèdent chaque année sous les coups des policiers.

Loin des « bavures » dont on nous parle à chaque meurtre policier, c’est bien une violence policière systématique qui est en question, avec un harcèlement quotidien et un racisme systémique caractéristique de l’institution. Une violence qui est doublée par une justice de classe qui protège constamment les forces de l’ordre : aux États-Unis moins de 1 % des policiers sont inculpés dans les cas de meurtres et seulement un tiers d’entre eux sont condamnés. En 2017, ce sont 987 personnes que la police américaine a tué par balle. 223 d’entre elles étaient noires.




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