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Politique

Édito

Un 19 avril qui prouve que la convergence est possible. Il faut y aller !

Alors qu’éditorialistes et politiciens saturent l'espace médiatique de discours à la sauce « la mobilisation s'essouffle », la journée du 19 avril, massive et déterminée, a permis de mettre en lumière que oui, la convergence est tout aussi possible que nécessaire.

Personne ne l’a vue venir. La mobilisation de ce 19 avril, que les médias dominants et les politiciens présentaient comme un quasi baroud d’honneur, a surpris par son ampleur et sa détermination. Au final, ce sont 300 000 manifestants qui ont pris la rue, partout en France, et de nombreux secteurs de travailleurs du public, à l’appel de la CGT, de Solidaires et de la FSU, aux côtés des cheminots, dans une ambiance de convergence pour partir toutes et tous ensemble contre le gouvernement Macron et ses réformes.

Les cheminots, véritable fer de lance de la mobilisation, ont contredit avec force la propagande des classes dominantes annonçant une baisse de la mobilisation. Bien au contraire, nombre d’AG ont manifesté la volonté d’aller jusqu’au bout dans la lutte. Comme si, en définitive, les cheminots avaient eu à cœur de répondre à la stature inflexible de Macron sur la « nécessité » de la réforme. Mieux, l’idée de durcir le mouvement pour imposer un rapport de force à la hauteur de l’enjeu est dans toutes les têtes. C’est ainsi qu’après Paris Nord et Saint Lazare, l’AG d’Austerlitz a elle aussi voté la grève reconductible par période de 24h. Les cortèges cheminots étaient tout aussi massifs, témoignant d’un élargissement de la mobilisation après le vote de l’Assemblée validant, en première lecture, la réforme du ferroviaire.

Bien d’autres secteurs ont répondus présents à l’appel. Les électriciens se sont particulièrement distingués, couplant à leur participation massive aux cortèges des actions coup de poing de coupure de courant ciblés partout dans le pays. La jeunesse, malgré les vacances dans plusieurs régions, n’a pas manqué à l’appel, tout comme les postiers ou bien encore les personnels de la santé.

Mais le plus qualitatif de ce 19 avril est sans conteste la convergence effective, dans la rue et dans l’action, de l’ensemble des secteurs qui se sont mobilisés. Dans les assemblées générales cheminotes du matin, il était possible de croiser des personnels de santé, des étudiants, des postiers, des retraités... La donne a été la même dans les cortèges ou non seulement des départs communs « inter-professionels » étaient organisés, mais où des jonctions ont été effectives, toujours dans le même esprit : Il n’y a qu’un seul et même Macron qui attaque tous azimuts. Et si le « président des riches » entend nous défier à tour de rôle, nous lui répondrons toutes et tous ensemble !

Ce que cette journée du 19 avril a démontré, en définitive, c’est que lorsque les organisations syndicales partent négocier des bouts de ficelle dans les fauteuils de l’Elysée, c’est l’ensemble des travailleurs qui se retrouvent en position de faiblesse.

A contrario, lorsque l’ensemble des secteurs se retrouvent dans la rue, dans un affrontement direct avec le gouvernement, c’est avec une force décuplée que les travailleurs s’opposent aux réformes anti-sociale de ce même gouvernement. Oui, la convergence des luttes est possible et oui, il s’agit là d’une arme décisive pour notre camp afin d’envoyer valser Macron et son monde.

Pour cela, la date du 19 avril doit marquer un tournant, et s’accompagner d’un durcissement de la mobilisation. Dans cette situation, les cheminots occupent une place centrale pour entraîner derrière eux l’ensemble de la classe ouvrière et la jeunesse. Cela passera par le lancement d’un mouvement de grève reconductible et de grève dure, qui apparaît un peu plus chaque jour comme inévitable pour faire flancher le gouvernement et renverser la table tout en élargissant et en approfondissant l’affrontement au niveau de la jeunesse, et ce pour converger, dans la durée, jusqu’au recul du gouvernement.




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