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Notre classe

Comme un vent de colère…

Un ambulancier désespéré met le feu à son véhicule devant l’Assemblée Nationale

Ce lundi 3 novembre, ce sont près de 600 ambulances qui ont bloqué les avenues de Paris entre la Place de la Concorde et le haut des Champs-Élysées. Face au désespoir et en signe de protestation, un ambulancier a mis le feu à sa propre ambulance.

Dans la situation actuelle extrêmement explosive qui se cristallise autour des Gilets Jaunes et plus récemment autour des mouvements lycéens, les ambulanciers ont eux aussi manifesté leur colère ce lundi 1er décembre à Paris.

Dénonçant la réforme du transport sanitaire mise en place le 1er octobre dernier, qui fait peser le financement des transports sanitaires sur les hôpitaux, donc sur les patients plutôt que sur les assurances maladie, et qui présage une forte baisse de l’activité des ambulanciers au détriment de l’emploi et des patients, les ambulanciers se sont rassemblés vers 6h du matin au centre de Paris. De fait, cette réforme constitue une réelle « ubérisation ». En effet les hôpitaux et cliniques, après appel d’offres, devront choisir quels ambulanciers seront les moins coûteux pour eux. C’est donc tout un pan du secteur qui peut rapidement disparaître.

Face à cette précarisation vitesse grand V, les ambulanciers se sont mobilisés ce lundi 3 décembre, comme ils l’avaient fait en début de mois en bloquant le périphérique parisien. Les ambulances ont fait tourner les sirènes dès 6h, et quelques feux d’artifices ont même été lancés depuis le Pont de la Concorde.

Leur objectif était d’être reçu par la ministre de la santé Agnès Buzin, pour faire entendre leur revendication du retrait de l’article 80 de la réforme du transport sanitaire précédemment évoquée. S’ils revendiquaient seulement de se faire entendre par la ministre, celle-ci n’a même pas daigné les recevoir, prétextant une réunion urgente à l’Élysée.

Un ambulancier a même été jusqu’à mettre le feu à son propre outil de travail, son ambulance, sur le Pont de la Concorde. Ce geste n’est pas anodin, il reflète le désespoir subi par ce secteur mais plus largement, une colère de nombreux pans de la classe moyenne. La situation nationale reflète très largement ce sentiment de déclassement, c’est-à-dire une situation d’appauvrissement et un manque de perspectives pour l’avenir, que vivent les classes moyennes et qui les a poussées à sortir dans la rue ces dernières semaines. Face à cette mise en tension des classes moyennes et d’une partie des classes populaires, et alors que de nouveaux secteurs se joignent à la mobilisation comme les lycéens et les étudiants, il est nécessaire que les travailleurs convergent eux aussi vers le mouvement et lui donnent un nouveau poids en se mettant massivement en grève.




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