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Politique

Sans justice pas de paix !

Un an après la mort d’Adama, toutes et tous à Beaumont-sur-Oise ce samedi

C’était le 19 juillet 2016, Adama mourrait dans les mains de la gendarmerie. Ce samedi, la famille d’Adama appelle à venir manifester en nombre à Beaumont-sur-Oise pour continuer à réclamer justice.

La marche partira de Beaumont-sur-Oise à 14h30. Elle sera suivie d’un repas, de débats, d’un théâtre forum et d’animations pour enfants. Appelée par le comité Vérité et Justice pour Adama, un an après sa mort, cette marche est plus que jamais d’actualité. Car, malgré l’accumulation de preuves contre les gendarmes, rien n’a avancé dans cette affaire. Pire, la famille et les soutiens connaissent un véritable acharnement policier et judiciaire.

Récemment, de nouveaux faits sont venus démontrer, s’il était encore besoin, la lourde responsabilité des gendarmes dans cette affaire. C’est d’abord le rapport de la contre-expertise qui confirme la mort par asphyxie et qui infirme les différentes versions inventées par la justice et relayées par les médias pour justifier sa mort. Ensuite, il y a seulement deux jours, la révélation de l’échange téléphonique entre les secours et les gendarmes nous apprenaient qu’Adama était déjà mort avant l’arrivée des secours, mais aussi comment ceux-ci avaient tenté de la camoufler grossièrement.

Pourtant, les deux gendarmes mis en cause dans cette affaire ne sont pour l’heure toujours pas inquiétés, et la hiérarchie qui les couvre ne l’est pas plus. En revanche, la famille et les proches, qui mènent une lutte exemplaire pour faire condamner les assassins, a connu un acharnement tout juste croyable. Depuis le 19 juillet 2016, Bagui, Youssouf, Cheikne et Yacouba Traoré, Dooum’s et d’autres soutiens ont été arrêtés et certains dorment toujours derrière les barreaux. Ce vendredi, l’un des frères d’Adama publiait encore une vidéo montrant la pression policière déjà en place à Beaumont-sur-Oise à moins de 24h de la manifestation, une répression préventive qui sévit déjà depuis plusieurs jours.

Et la situation d’Adama est loin d’être un cas isolé. Elle vient révéler au grand jour la violence policière quotidienne qui sévit chaque jour dans les quartiers, jusqu’à la mort ; et l’impunité judiciaire qui lui sert de faire-valoir. Récemment, c’est une vidéo d’un jeune, obligé de se battre en duel avec un policier, qui a fait grand bruit. Une pratique policière comme une autre, qui ressurgit au gré de la publication d’une vidéo, mais bien souvent sans conséquence pour les forces de répression.

Et c’est bien parce que depuis un an, rien n’a changé, qu’il est d’autant plus important d’être présents nombreuses et nombreux ce samedi 22 juillet à Beaumont-sur-Oise. Obtenir justice pour Adama, ce serait obtenir une victoire importante, pour sa famille et ses proches, mais aussi pour l’ensemble des victimes des violences policières, pour Théo, Zyed et Bouna ou Ali Ziri. Une reconnaissance de la culpabilité des gendarmes dans cette affaire serait le premier pas vers la remise en cause du harcèlement et de la violence policière dans les quartiers, mais aussi de la justice qui les couvre.




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