Politique

Commémoration du 13 novembre

Un an après les attentats : plus encore, faire front pour la défense de nos droits démocratiques

Publié le 11 novembre 2016

Ce dimanche, nous serons donc à un an jour pour jour du massacre commis dans les rues de Paris qui aura ôté la vie à 130 personnes et fait des centaines de blessés physiques et psychologiques. Du côté du gouvernement, le scénario de communication est déjà bien rôdé : l’occasion est trop belle de tenter de se refaire une santé autour de la commémoration des attentats. De notre côté, en revanche, tout reste encore à construire face au climat réactionnaire qu’ils cherchent à nous imposer.

Georges Camac

C’est donc un bien triste anniversaire qui aura lieu ce dimanche 13 novembre, un an tout juste après le carnage du Bataclan. En ce jour, notre pensée ira d’abord aux victimes de cette folie meurtrière, à leurs familles et à leurs proches. Comme à leur habitude, nous verrons se pavaner à l’occasion des différentes commémorations qui auront lieu en ce jour, les vrais responsables de la barbarie : la classe politique dominante, toujours là quand elle peut instrumentaliser l’émotion pour mieux faire passer ses coups-bas. Du côté de François Hollande, on a déjà prévu d’être sur tous les fronts pour allumer des bougies et surtout… pour tenter de faire oublier ses très maigres 4% d’opinions favorables.

Un an après, le bilan est sans appel pour celui qui s’autoproclamait le soir du 13 novembre pourfendeur du terrorisme. Loin d’avoir pu faire cesser les attentats, le carnage aura surtout servi, sur fond « d’unité nationale », de prétexte pour faire passer la politique toujours plus antisociale et réactionnaire du gouvernement. Ce 13 novembre, pour nous, ce sera jour de commémoration, mais ça ne nous empêchera pas de faire le bilan de la surenchère guerrière et sécuritaire, de l’accélération du tournant bonapartiste déclenchée depuis les attentats de Paris.

Nous n’oublierons pas, par exemple, que ce jour sera également la date anniversaire de l’entrée en vigueur de l’état urgence, qui ne devait alors, selon les mots du président, n’être qu’un « état d’exception » qui n’était « pas amené à durer ». Un état d’urgence qui aura depuis davantage servi à réprimer, notamment lors de la mobilisation contre la loi travail, qu’à lutter contre le terrorisme. Nous penserons également au « cauchemar » actuellement en cours à Mossoul, où l’armée irakienne, sous le commandement et sous les bombes, entre autres, de l’armée française, s’engage dans un bourbier face aux combattants de Daesh et est déjà accusée de crimes et de tortures contre les civils. Un nouveau désastre humanitaire en perspective qui ne sera que la continuité de la barbarie semée par les occidentaux au Moyen-Orient depuis plus de 10 ans, celle-là même qui a fait le lit du terrorisme et de la montée en puissance des idéologies les plus réactionnaires.

Ce dimanche, ça ne sera donc définitivement pas l’unité nationale qu’il nous faudra construire mais bien l’unité la plus large de tous les exploités et tous les opprimés face à l’offensive réactionnaire menée par la classe politique dominante. Sur fond de manifestations de policiers, pour réclamer toujours plus d’impunité, du démantèlement de Calais et de la traque des migrants dans les rues de Paris, ce ne sont pas les raisons qui manquent pour dire stop à ce gouvernement. Un pouvoir qui exprimait encore tout récemment par la voix de son président Hollande sa « volonté de travailler en commun » avec le nouveau président ultraréactionnaire des Etats-Unis, Donald Trump.

Ce 13 novembre, pour toutes celles et ceux qui subissent les coups de matraque dans les manifestations, les contrôles au faciès et le harcèlement quotidien dans les quartiers populaires, ou encore la violence de cette justice de classe, la répression syndicale qui s’abat plus que jamais contre le monde ouvrier, il ne saurait être question de défiler aux côtés de ce gouvernement et de sa police, mais bien au contraire de lui opposer toute notre résistance et de nous organiser pour enfin lui faire front. En ce sens, le succès de la manifestation du 5 novembre à Paris où plus de 3 000 manifestants ont défilé pour exiger justice et vérité pour Adama Traoré, tué par les gendarmes, est un nouveau pas dans la construction de ce front pour en finir avec l’impunité policière. Pour se défendre aujourd’hui et préparer la riposte demain, un an après l’état d’urgence, il nous faut faire front contre celui-ci et pour la défense de nos droits démocratiques.