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Jeunesse

Université noyautée

Un ancien de chez Total au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche

Philippe Baptiste va être nommé Directeur du cabinet ministérielle de Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Petit portrait de ce chercheur avant tout au service du CAC40.

Philippe Baptiste, une étoile montante de la recherche recrutée par le CAC40

Depuis qu’il a décroché un poste au CNRS en 1999, Philippe Baptiste a enchaîné les postes à commencer par sa collaboration avec l’IBM Research de New York en 2000 et 2001. Il a ensuite travaillé comme professeur à Polytechnique, l’école d’excellence du patronat français, de 2002 à 2011 et comme « chef du service de la stratégie, de la recherche et de l’innovation » au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en 2013. Il est finalement nommé directeur général délégué à la science au CNRS en 2014. Après ce parcours universitaire Philippe Baptiste change de cap. Il est en effet recruté comme directeur scientifique de la multinationale pétrolière Total le 1er février 2016.

Total et les universités, un modèle de « collaboration » au service des profits des actionnaires

Total est la quatrième plus grosse firme capitaliste de production de gaz et de pétrole au monde et est présente dans plus de 130 pays. Avec un chiffre d’affaire de près de 150 milliards de dollars, d’entreprise géante est la deuxième plus grosse capitalisation du CAC40, l’entreprise étant estimée à 116 milliards de dollars, après LVMH, qui est estimée à 117 milliards. C’est donc une des entreprises les plus importantes du pays qui a placé son directeur de recherche et développement au cœur du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Chez Total, le nouveau directeur de cabinet gérait les 1,1 milliards d’euros composant le budget de recherche et développement de l’entreprise. Maintenant, il va gérer l’ensemble de la recherche publique française, qui compte parmi les plus gros centres de recherche au monde, avec notamment le CNRS et ses 3,3 milliards d’euros de budget. Cependant, à la question « à quels fins doivent être alloués ces budgets ? », le nouveau fonctionnaire de la rue de la Montagne Sainte Geneviève répondrait surement la même chose que dans son ancienne entreprise. Car Total, comme de très nombreuses multinationale, a toujours adossé sa recherche à des universités ou des centres de recherche publique, un bon moyen pour mettre l’enseignement supérieur au service du CAC40. Dans une vidéo présentant les « partenariats » avec les universités, Total explique que ces partenariats servent à « contribuer à l’adaptation des compétences locales aux besoins des entreprises » ainsi que « renforcer l’attractivité de Total auprès des étudiants », le tout « en fonction des besoins locaux de Total ». On voit bien quelle vision de l’université le gouvernement promeut là : une université au service des entreprises, qui leur fournissent des chercheurs bon marché et une infrastructure déjà prête. Pas besoin d’investir, les universités payées par le contribuable sont déjà là ! Des doctorants sont même à votre disposition !

Un exemple de « collaboration » universitaire au service des intérêts pétroliers

Dans le but d’attirer à lui les meilleurs éléments des universités, Total n’hésite pas à financer certaines offres de formations qui correspondent à ses besoins économiques. Par exemple, à partir de 2008, Total et la fondation Total ont financé, en collaboration avec le MIT, le programme « Romarin », un programme de recherche de l’Université Pierre et Marie Curie (Paris 6) portant sur le développement de sous marins télécommandés d’exploration sous marine. Développement des machines, des capteurs, le tout en fonction des besoins de Total, à savoir l’exploration sous marine à la recherche de gisements d’hydrocarbures. Comme l’explique candidement l’UPMC, « cet enseignement permet d’établir un contact avec des acteurs importants du monde marin », un bon moyen d’expliquer que l’enseignement pourrait vous rapprocher de Total. Si ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, c’est bien la vision de l’enseignement supérieur que promeut Philippe Baptiste en collaboration avec la nouvelle ministre Frédéricke Vidal.




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