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Notre classe

L’innovation au service de l’aliénation

Un brevet d’Amazon propose de placer des employés en cage

Récemment est ressorti un brevet déposé par Amazon en 2016 dans lequel il est question d’une cage dans laquelle serait placé le salarié pour effectuer son travail dans un entrepôt qui sont de plus en plus robotisés chez Amazon. Quand l’innovation est au service de l’aliénation.

Amazon n’en est pas à sa première frasque en matière de recherche visant à optimiser le rendement de son entreprise en faisant passer les conditions de travail de ses salariés au second plan. En effet, on savait déjà les salaires des travailleurs d’Amazon les plus précaires, notamment les préparateurs de commandes, étaient tirés vers le bas (entre 3 et 5.7€ de l’heure en Ecosse où certains des salariés de l’entreprise dormaient dans des tentes ne pouvant se payer les transports pour aller travailler) avec des horaires allongés le plus possible (avec par exemple au Royaume-Uni où il est atteint les 60h de travail hebdomadaire sans jour de repos).

Il est question ici d’une certaine rationalisation où Amazon va chercher à faire travailler le plus possible en payant le moins en fonction des possibilités de chaque pays en terme de législation propre au travail.

Mais, Amazon va même plus loin que ça puisque que cette entreprise va chercher à optimiser le travail de préparateur de commande à travers notamment cette cage mais aussi à travers des brevets de bracelets qui enregistrent les mouvements des employés au sein de l’entreprise. Entre travailler à Amazon et être en taule, la frontière est mince.

A côté de cette gestion tournée uniquement vers le profit, l’entreprise Amazon elle-même enregistre une très bonne année avec une capitalisation boursière avoisinant les 1000 milliards de dollars. Son patron, Jeff Bezos, est aujourd’hui l’homme le plus riche de la planète. D’après Forbes, Bezos est à la tête d’une fortune estimée à 160 milliards de dollars. Elle a presque doublé en un an en augmentant de 78,5 milliards de dollars. C’est un record. En un an, il aurait gagné 215 millions par jour, 8 millions par heure, 149 000 dollars par minute et 2500 dollars par seconde. Preuve s’il en fallait une que la bonne santé de ces entreprises se fait sur les conditions de travail des travailleurs et donc à terme sur leur vie.

Par ailleurs, les justifications quant à la cage par les services de communication d’Amazon se résument aux faits que de nombreux brevets même mauvais sont enregistrés par les entreprises et qu’une « meilleure façon de travailler a été trouvée ». Force est de constater que par cette amélioration de la façon de travailler, il n’est pas question de meilleures conditions de travail mais plutôt d’une optimisation du rendement que peut rendre la tâche de préparateur de commande. Cela illustre bien les desseins sinistres des grandes entreprises et la vision qu’elles ont sur le contrôle de nos vies et de notre travail.