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Notre classe

« Je suis cheminot et loin d'être privilégié »

Un contrôleur SNCF raconte son quotidien et émeut les réseaux sociaux

Alors que l’éternelle ritournelle qui vise à faire passer des cheminots pour des privilégiés enfume les médias, à l’heure où le gouvernement s’apprête à passer sa réforme ferroviaire à coups d’ordonnances, le témoignage anonyme de ce contrôleur SNCF qui circule sur les réseaux sociaux montre que le quotidien des cheminots n’est pas si reluisant qu’on voudrait nous le faire croire.

Crédit photo : Laury Rouzé

« Je suis contrôleur, cheminot, pas malheureux mais loin d’être privilégié ni responsable de tous les maux de la SNCF. Ceci n’est pas une complainte, juste un constat.

  •  J’ai 28 jours de congés dont je ne dispose que très peu car ma période d’été m’est imposée par périodes de 3 semaines de mai à octobre ;
  •  Je ne suis pas payé lorsque je suis en grève (Grève qui me coûte entre 55 et 70 € par jours) ;
  •  J’ai 10 jours de RTT qui me sont imposés ;
  •  50% des congés que je pose me sont refusés ;
  •  Je ne touche pas de prime de charbon ni de prime de non prime ;
  •  Je bosse les Week-end et fériés (maj horaire week end : 4,22€ brut, maj férié : 25% ou récupérable) ;
  •  Mes heures de services sont totalement irrégulières avec des prises à 4:00 et des fin de services au-delà 00:00 (maj horaire de nuit : 2,14€ brut) ;
  •  En règle générale je découche (hôtel pas forcement tops ou foyers) 1 à 2 nuit par semaine. De ce fait je peux être utilisable 8:00 après ma fin de service de la veille ;
  •  Je suis constamment exposé aux incivilités d’une partie des voyageurs, soit sans raison, soit excédés par les nombreux retards qu’ils subissent ;
  •  J’ai un quota (qui augmente d’année en année) de PV ou billets à faire afin que mon chef me fasse évoluer dans ma carrière et rémunération ;
  •  La plupart du temps je me restaure sur le pouce avec une gamelle entre deux trains ou un casse dalle SNCF à 6-7 € ;
  •  Mon activité figure parmi les métiers les moins appréciés des Français et les médias s’en donnent à cœur joie pour nous descendre.
  •  Si par malheur, je chope du diabète, un problème cardiaque, une baisse de l’ouïe ou de la vue et j’en passe et des meilleurs, je perds mon emploi et suis relégué au placard engendrant une perte de salaire avoisinant le 6-800€ net ;
  •  Si je prévois de partir en retraite à mes 57 ans 1/2 je toucherai une pension d’environ 1100€ ;
  •  Si je ne me lève pas ou en retard, je suis responsable de la suppression de mon train et mets des centaines de voyageurs dans une fâcheuse position ;
  •  J’ai du mal à avoir des activités culturelles et sportives régulières du fait de mes horaires et repos décalés ;
  •  Je bénéficie de facilités de circulation pour moi et ma famille, mais honnêtement quand on passe la moitié de sa vie en train, on aspire à autre chose pendant notre temps libre.
  •  Lorsque mes amis ou ma famille font la chouille, j’y renonce une fois sur deux du fait de mes horaires.
  •  Je déclare 26500€ par an au bout de 25 années de boutique. Ça n’est pas le plus petit salaire à la SNCF ni le plus gros !!

    J’en ai sûrement oublié, complétez et pour les rageux, balayez devant votre porte... »

    ▸ Vous travaillez aussi pour la SNCF, ou êtes un usager en soutien aux cheminots ? Pour contrer la propagande gouvernementale, envoyez-nous votre témoignage sur vos conditions de travail ou votre « coup de gueule » concernant la réforme ferroviaire à siterevolutionpermanente@gmail.




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