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Politique

Du délit de solidarité au délit de tweeter

Un défenseur des droits des migrants condamné pour avoir tweeté sur la violence de l’État

Loan Torondel, militant pour les droits des migrants à Calais vient d’être condamné… pour un tweet dénonçant la violence policière qui accable quotidiennement les populations migrantes, et les associations leur venant en aide.

Crédit photo : vu sur France 3 régions

C’est un communiqué d’Amnesty International France qui a alerté sur cette nouvelle condamnation d’un homme militant en défense des droits des migrants. En effet, Loan Torondel a été reconnu coupable ce mardi 25 septembre de diffamation par le parquet de Boulogne-sur-Mer.

En cause, un tweet posté en janvier 2018. Sur la photo, deux policiers se tiennent debout face à un homme par terre avec ce qui semble être un duvet. En dessous, Loan Torondel écrit « (Policier prenant la couverture d’un migrant) - Mais il fait 2° ! / - Peut-être, mais nous sommes la Nation française monsieur ».

Il s’agissait ainsi d’une référence aux propos de Macron tenus pendant ses vœux de fin d’année où celui-ci avait ponctué son discours du précieux conseil : « N’oubliez jamais, nous sommes la nation française ». Une « nation française » dont la classe dominante et ses relais policiers et judiciaires persécute et condamne les migrants, et les défenseurs de leurs droits.

Ce qui vaut diffamation dans cette affaire serait notamment le fait que les visages des deux policiers n’ont pas été floutés. Or, et il faut le rappeler, il est tout à fait légal de photographier les interventions de la police !

Cette condamnation, contre laquelle Loan Torondel va faire appel, pourrait créer un précédent très grave pour les prochaines affaires. C’est la dénonciation des violences policières contre les migrants et les bénévoles qui deviendrait condamnable. Cette condamnation intervient dans un contexte où la répression policière et judiciaire va crescendo, et où le champ même de la répression ne fait que s’amplifier, pour s’étendre aux réseaux sociaux.

Macron lui peut toujours essayer d’incarner le « progressisme » face à un Salvini, alors même que sa police harcèle et violente les migrants, qu’il laisse à la dérive les bateaux humanitaires et qu’il criminalise toujours plus les migrants et les associations leur venant en aide.




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