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Politique

La Macronie progressiste ?

Un député LREM défend ses propos sexistes dans Causeur

Ce lundi 24 décembre, le député macroniste Joachim Son-Forget s’en est pris au physique de la sénatrice écologiste Esther Benbassa (EE-LV) et l’a harcelé à travers 57 tweets de réponse. L’objet de cette fureur ? Une critique qu’elle avait faite aux propos de Brigitte Macron évoquant « la violence et vulgarité » des gilets jaunes.

Rien de nouveau dans la tentative de décrédibilisation et dans le mépris exprimé envers le mouvement des gilets jaunes de la part des médias, du gouvernement et de ses alliés. Mais le plus étonnant dans cette polémique entre un député LREM et une député Europe-Ecologie-les Verts, c’est qu’elle est teintée de sexisme et s’expose dans les colonnes du journal Causeur, tenu notamment par Elizabeth Levy, et largement ancrée à l’extrême-droite.

La sénatrice EE-LV, Esther Benbassa avait ainsi répondu aux propos de Brigitte Macron recueillies par Le Monde : « Brigitte Macron déplore la violence et la vulgarité des gilets jaunes. Ce n’est donc pas violent, la pauvreté ? Et elle n’est pas violente, l’arrogance aux dents blanches des riches et des puissants ? ». Pourtant, ce qui pourrait passer pour des chamailleries politiciennes s’est avéré bien plus profond et éclairant sur l’actuelle situation de crise du gouvernement et du bouleversement qui touche l’Elysée. Le député LREM Joachim Son-Forget a violemment répliqué à la sénatrice EE-LV : « Avec le pot de maquillage que vous vous mettez sur la tête, vous incarnez plus que jamais ce que vous tentez maladroitement de caricaturer. Vous sentez l’amalgame violent maintenant ? » et a accusé la sénatrice de sortir ses mots du contexte.

Et c’est dans un entretien dans le journal Causeur (particulièrement hostile à la vague féministe du mouvement #Meetoo ou #BalanceTonPorc dans sa version française) que le député a essayé de défendre ses propos sexistes. Il a, pour cela, essayé de détourner l’attention, en s’attachant à décrire son histoire personnelle et l’application de la psychologie cognitive dans les tweets envoyé à Esther Benbassa. A l’image de l’Elysée, Son-Forget fait preuve d’un mépris criant. Il assure qu’à la différence des « politiciens lambda » qui sont écrasés et s’excusent « face à la horde d’anonymes », rien ne l’affecte. « Je ne m’écraserai pas face à la meute. Je les nourris et en joue », ajoute-t-il. Ainsi, il justifie ses propos sexistes en se plaignant du « moralisme » de ses accusateurs et assure ne pas se sentir concerné par « ces limites proches du Sharia ».

De l’autre côté, les députés ont pris distance avec Son-Forget. Le président de LREM à l’Assemblé Nationale, Gilles Le Gendre, s’est exprimé à la suite de cet épisode : « Le bureau du groupe parlementaire REM se désolidarise de notre collègue Joachim Son-Forget à la suite de ses propos inadmissibles contre la sénatrice Esther Benbassa. Aucune controverse politique ne justifie de verser dans le sexisme et la vulgarité ». S’il est désavoué par les siens pour protéger l’image du parti, les contradictions du gouvernement semblent toujours plus évidentes et difficiles à se cacher au sein de la Macronie. Une fois de plus, cet épisode montre qu’elle n’a rien de l’image « progressiste » dont elle prétend se parer.




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