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Jeunesse

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Un étudiant retrouvé mort dans sa chambre après 2 semaines

Le corps de l'étudiant en Master à Lille 3 âge de 27 ans, a été retrouvé dans sa chambre d'étudiant deux semaine après son décès. Coupé du monde, vivant dans la solitude, dans un environnement où personne ne se connait, il s'échappait avec les jeux vidéos. Une mort qui n'a rien de « naturelle » dans cette société.

Auprès des journalistes, les autres étudiants de sa résidence décrivent à quel point les locataires nouent peu de liens entre eux, parlant d’un jeune homme « solitaire qui ne parlait à personne ». Ses voisins de paliers ajoutent « Mais nous sommes beaucoup dans ce cas-là. Je vous mets au défi de trouver un tire-bouchon ici… ». En effet, si la solitude du jeune homme a pu conduire à un tel drame, celui-ci était loin d’être le seul dans une telle situation d’isolement relationnel.

En effet, en 2016, un rapport de l’Observatoire de la Vie Étudiante (OVE) met en lumière une augmentation « des fragilités psychologiques » des jeunes. Selon l’étude, 28% des jeunes reconnaissaient éprouver un sentiment de solitude, contre 22% en 2013. À cela il faut ajouter que près d’un étudiant sur deux se sentait isolé, et qu’ils étaient 32 % à se dire déprimés, et jusqu’à 37 % pour les femmes. Pour ce qui est de l’état de stress, il a grimpé de 6 point entre 2013 et 2016, passant de 53% à 59% (69% pour les femmes).

Dans ce contexte de crise, de précarité croissante, de refus de bourse, et d’absences totales de perspectives d’avenir pour des centaines de milliers de jeunes, le jeune homme avait choisi de s’évader dans les jeux vidéo.

Alors que les autopsies confirment qu’il s’agirait d’une mort par arrêt cardiaque, les quelques médias qui font écho de l’affaire parlent de « mort naturelle » d’un jeune « accro aux jeux vidéo ». Mais les conditions de cette mort n’ont rien de « normal ». De même que cette histoire n’a rien d’un « fait divers ». Elles sont le fruit d’une société qui broie les vies d’une jeunesse à qui aucun avenir n’est proposé, et qui pousse certains à se couper du monde et de sa violence plutôt que d’y faire face. Une mort tragique qui n’est pas sans rappeler le cas de l’étudiant mahorais El Anfani Abdallah, retrouvé mort de faim dans sa chambre universitaire à la rentrée 2015.

Photo : LA VOIX




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