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Société

Etat d'urgence permanent

Eure. La police simule un faux attentat et provoque la panique dans un collège

La psychose autour des exercices attentats dans les établissements scolaires est savamment entretenue par le gouvernement. Depuis l'état d'urgence permanent, les modalités de ces exercices sont de plus en plus expéditives et terrorisantes. Dernier exemple en date au collège Alphonse Allais à Val-de-Reuil dans l'Eure, où une simulation d'attentat à eu lieu le jour de la pré-rentrée sans que le personnel ne soit prévenu…

16h au collègue Alphonse Allais à Val-de-Reuil dans l’Eure vendredi dernier. A la demande de la principale de l’établissement, la police municipale orchestre une fausse attaque terroriste alors que les enseignants participent à des ateliers sur la prévention de ce type de situation. Des policiers cagoulés s’introduisent dans les locaux et font exploser des pétards dans la cours avant de poursuivre certains professeurs dans tout l’établissement.

L’exercice-attentat a manifestement bien reproduit l’état de psychose qui suit ce genre d’événement puisque les riverains ont contacté la police pour signaler l’intrusion. Certains enseignants apeurés se sont cachés dans les locaux et certains ont même fini en larmes devant le choc de cet exercice imprévu.

Le SNES-FSU a immédiatement contacté le rectorat pour s’insurger contre de telles pratiques. Mais il s’avère que ce genre de démonstration est parfaitement autorisée. Le maire de la ville minimise de son côté la violence de cet exercice qui a pris tous les enseignants au dépourvu en mentionnant que ce type d’intervention n’avait rien d’aberrant.

La mise en scène de ces exercices-attentats, de plus en plus fréquents dans les établissements, entretient le climat de peur qui règne sous l’état d’urgence permanent. Comme le soulignait Bernard Girard, à propos d’un exercice similaire, « le message véhiculé par ces mises en scène aussi ridicules que brutales – car c’est bien d’une mise en scène qu’il s’agit – c’est celui de la soumission des élèves et de la société civile à n’importe quelle injonction policière, même la moins fondée. Obéir d’abord, ne jamais chercher à comprendre, intérioriser l’humiliation, l’abaissement comme quelque chose qui va de soi et contre laquelle il est interdit de se révolter ».




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