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Société

Justice de classe

Un homme vole une cannette à 80 centimes et écope de six mois de prison

La justice de la République n'aime pas les pauvres et le fait savoir : si vous êtes sans abri et que vous volez une cannette de bière, ce sera la prison ferme ; si vous détournez des millions en tant que politique, vous attendrez une vingtaine d'années avant de voir des matons.

L’histoire se déroule dans un supermarché près d’Agde (Hérault), où un sans-abri faisait la manche pour se nourrir devant le magasin. Après de longues heures d’attente, l’homme entre dans le magasin, ivre selon les témoins, et dérobe une cannette de bière. Le vigile s’interpose à l’entrée et l’homme est interpellé par la police. En comparution immédiate, cet acte mineur (un vol de 0,80€) vaut une condamnation à … deux mois de prison ferme ! Motif de la peine ? L’homme aurait montré un couteau, qu’il a toujours sur lui, ce qui a permis au procureur de le charger pour « vol avec violence » : « tout ça pour une bière, argumente le vice-procureur Xavier Sicot. Mais le code pénal ne distingue pas le vol d’un bijou, d’une bière ou d’autre chose. Il retient si c’est ou non avec violence. Vous n’avez pas non plus retenu l’avertissement que vous a déjà envoyé la justice. Aujourd’hui, il doit être jugé pour son comportement. Il ne faut pas banaliser cet acte d’avoir montré ce couteau. Pour moi il y a l’agression du vigile avec cette arme. Il faut lui dire stop. » Une accusation d’autant plus infondée que le vigile n’a pas porté plainte et ne s’est pas portée partie civile. Une peine de deux mois donc, auxquels s’ajoutent quatre mois de sursis qui viennent d’être commués en de la prison ferme. Cette condamnation, qui fait écho à des affaires similaires, montre encore une fois de quel côté se place la justice : extrême fermeté pour les plus précaires, extrême souplesse avec les hommes politiques et les patrons quand ils sont soupçonnés de corruption.

Voilà donc à quoi sert la justice française, qui tente encore de faire croire qu’elle défend la devise « liberté, égalité, fraternité ». Un pauvre homme est enfermé et privé de liberté parce qu’il a volé une bière ou un morceau de fromage alors que les Fillon, Dassault et autres Balkany, qui pillent les impôts de la population dans le cadre de leurs mandats et pour leurs emplois fictifs sont toujours en liberté dans leurs châteaux dorés de la Sarthe et d’ailleurs.

Photo : Thomas Samson // AFP




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