Monde

Un jeune homosexuel marocain agressé et condamné à deux mois de prison

Publié le 30 mars 2016

L’un des deux homosexuels marocains agressés, ensanglantés, et exhibés nus sur la place publique par leurs agresseurs, vient d’être condamné par le tribunal de Beni Melal à deux mois de prison. L’article 489 qui punit l’homosexualité est utilisé pour condamner ce jeune homme, après avoir été brutalement agressé.

Selon Efe, représentant de l’association marocaine des droits de l’homme à Beni Melal, l’agression s’est produite le 9 mars et le jugement le 15 mars. L’affaire n’a cependant été dévoilée qu’à la fin de la semaine dernière, après la circulation d’une vidéo sur les réseaux sociaux montrant deux jeunes sortis du lit, tabassés violemment et obligés de sortir nus dans la rue sous le coup d’insultes, par un groupe de voisins ayant forcé leur porte.

L’agression est aujourd’hui impunie et l’un des deux jeunes agressés a été arrêté, présenté devant le juge et condamné à deux mois de prison et d’une amende de 500 dirhams (environ 45 euros). Le second jeune a pris la fuite, avant de se présenter à la police suite à la diffusion de la vidéo sur internet. Il est aujourd’hui détenu, malgré le jugement de l’instruction.

Cependant, la vidéo a créé un tel scandale que la police a mené l’enquête jusqu’à juger un jeune agresseur, déjà fiché par la police pour un délit antérieur.

Au Maroc, l’homosexualité est punie de trois ans de prisons par le code pénal par l’article 489, qui poursuit « le fait de commettre des actes contre nature avec des individus du même sexe ».

Les dures lois de l’Etat promeuvent l’homophobie. L’été dernier, à Fez, un jeune travesti a été éjecté d’un taxi par un groupe puis battu, piétiné par une foule avant de réussir à fuir. A cette occasion, le ministre de la justice déclarait qu’il ne fallait pas vouloir rendre justice soit même, ni supplanter la justice ou les forces de l’ordre.

La vidéo diffusée ces derniers jours sur youtube a généré une forte indignation des organisations LGBT dans le monde, qui exigent l’abrogation de l’article 489 et mettre fin à l’homophobie au Maroc.

Trad. E.D.

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