Politique

A Bourgoin-Jallieu, un avant-goût de ce qui pourrait nous attendre ?

Un petit Thatcher de province, filloniste convaincu, fait la guerre à la CGT

Publié le 24 novembre 2016

Le maire de la commune de Bourgoin-Jallieu, dans l’Isère, mène une guerre totale contre l’UL CGT et les territoriaux de la ville. Il s’appelle Vincent Chriqui et ce filloniste convaincu a été de tous les cabinets du favori des sondages pour la primaire de droite.

Corinne Rozenn

L’Union locale de la CGT et la CGT des territoriaux de Bourgoin-Jallieu ont décidé de rendre l’affaire encore plus publique qu’elle ne l’était déjà par un courrier adressé à un certain nombre de médias militants mais également à la Cour des comptes. Les syndicalistes de Bourgoin savent que jamais militant ne dénoncerait un salarié à son patron. Mais là, le maire a dépassé les bornes. Car ce dernier est, accessoirement, rapporteur au Palais Cambon : il travaille pour la plus haute juridiction financière d’ordre administratif du pays, à savoir la Cour des comptes.

L’UL et les territoriaux dénoncent le maire Les Républicains et la guerre totale qui a éclaté autour de la question de la Maison des Syndicats de la ville. Partisan de la modernité et du libéralisme, Chriqui veut voir déguerpir au plus vite tous les syndicats qui ne seraient pas directement liés à l’agglomération. Même s’il est d’usage que les « villes-centre » accueillent les unions locales et les syndicats de secteur, la loi indique que le maire a uniquement l’obligation d’héberger les syndicats représentant le personnel communal. Chriqui ne souhaite pas « payer » pour des syndicats qui ne sont pas directement corrélés aux services municipaux, surtout quand les syndicats en question sont affiliés à la CGT. Monsieur le maire veut faire des économies. Mais pas question d’économiser sur l’argent de l’Etat quand il atterrit dans sa poche, en revanche.

Pour contre-attaquer, la CGT se demande donc, dans son courrier, s’il est normal que Vincent Chriqui conserve l’intégralité de son salaire à la Cour des comptes alors qu’il cumule aussi l’intégralité de ces indemnités en tant que maire, de vice-président de la communauté d’agglomérations et de conseiller départemental ? « En tant que fonctionnaire, il peut prendre une disponibilité intégrale pour assurer ses mandats électifs », dénonce la CGT. L’édile dénonce donc un système dont il profite. Peut-être devrait-il se syndiquer, pour défendre, auprès de ses « patrons » de la Cour des comptes, ses conditions de travail et de rémunération ?