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Société

L’Eglise française à nouveau ébranlée par un scandale de pédophilie

Un prêtre pédophile mis en examen pour viol sur quarante enfants en Guinée

Mis en examen pour "viols et agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans", un religieux français, âgé de 74 ans, est accusé d'avoir abusé sexuellement de plusieurs dizaines d'enfants pendant les dix ans où il a été directeur d'une école à Conakry, en Guinée.

Crédit Photo : REUTERS / Saad Shalash

L’enquête a été ouverte après la diffusion en mars dernier d’un épisode deCash Investigation,où le prêtre témoignait en caméra cachée sur les relations sexuelles qu’il avait entretenu avec un adolescent africain durant six ans. Les enquêteurs ont découvert que le religieux envoyait de l’argent, par mandat cash à quarante de ses anciens élèves. Une manière, peut-être, de soulager sa mauvaise conscience.

Dix ans de viols avant un rapatriement en France

Les faits remontent à la période entre1992 et2002, lorsque le père Albert était directeur de l’école Sainte-Marie d’Ixen, à Conakry, la capitale guinéenne.

Il dirigeait également une équipe de football de jeunes de 12 à 14 ans, et a profité de son ascendant de guide religieux pour en violer plusieurs.

Renvoyé en France après avoir été dénoncé aux autorités cléricales par l’une de ses victimes en 2003 (d’autres en feront de même entre 2011 et 2016), le père Albert avait alors été placé dans un monastère à Espaly.

En Afrique Albert se sentait « intouchable, invulnérable et totalement au-dessus des lois »

Membre de la congrégation des Frères du Sacré-Cœur, le prêtre a qualifié ses victimes, lors de son audition, de "jeunes amants" âgés de "plus de 15 ans", avant de reconnaître avoir "cédé à ses pulsions car il se sentait intouchable, invulnérable et totalement au-dessus des lois" lorsqu’il vivait en Afrique, selon les sources évoquées par Le Parisien. Une tentative pour minimiser la portée pénale de ses actes, commis sur de victimes âgés de 12 et 14 ans.

Les faits ont été signalés pour la première fois en 2003 aux autorités religieuses. Mais l’enquête n’a été ouverte par le parquet du Puy-en-Velay qu’en mars dernier, à la suite de la diffusion d’un numéro de Cash investigation qui avait recueilli le témoignage de l’une des victimes présumées à Conakry. En toute connaissance de cause, l’Église n’a pas saisi la justice, préférant rapatrier le père Albert en France en 2003 pour le placer au vert, dans un monastère. Ainsi, ils ont essayé une fois encore d’étouffer l’affaire, comme cela a été le cas, entre autre, lors de la non-dénonciation d’agressions pédophiles par le cardinal Barbarin l’année dernière.

Mais combien d’autres enfants ont eu la vie brisée par ces abus sexuels ? Très peu ose rompre le silence sur ce qui est un crime contre l’humanité. L’Église n’a de cesse de vouloir cacher à la société ces actes innommables. Les Papes successifs n’ont jamais pris de mesure pour livrer à la justice tous ces ecclésiastiques qui ont profité de leur position pour détruire des milliers et des milliers de vie. Jamais aucune mesure n’a été prise pour que la pédophilie cesse à l’intérieur de l’Église. L’institution ne peut pas ignorer les actes de ses membres. Elle ne cherche qu’à essayer de garder sa « pureté » de façade même si cela doit se faire au dépend des victimes, condamnent ainsi de nombreux autres cas au silence et à l’oubli.




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