Société

Procès des quatre militants BDS à Toulouse

Un procès de plus de 5h, jugement rendu le 14 novembre

Publié le 22 septembre 2016

Ce jeudi 22 septembre s’est tenu le procès des quatre militant-e-s de BDS à Toulouse. Un rassemblement de soutien était organisé, regroupant 250 personnes environ. Et ce alors même que la préfecture avait interdit ce rassemblement suite à l’appel d’un contre-rassemblement issu de l’association pro-israélienne All With Us ; car cela comporterait un risque de trouble à l’ordre public. Selon la préfecture, dans le cadre de l’état d’urgence, il n’y aurait pas assez de forces de l’ordre pour empêcher les deux rassemblements.

Sadek Basnacki

Malgré cela, une partie des associations de soutien a appelé à braver l’interdiction. À noter la participation de notre camarade Philippe Poutou, candidat à l’élection présidentielle pour le Nouveau Parti Anticapitaliste, qui a voulu soutenir les inculpé-e-s et la campagne BDS.

On a pu voir lors de ce procès à quel point il s’agit d’un procès politique ! Aucune victime n’était présente, les juges ont modifié trois fois un chef d’inculpation. Le tract distribué par les militants à la sortie du métro, dénonçant l’agression de leurs camarades près de ce même métro une semaine auparavant par un groupe d’extrême-droite sioniste, a d’abord été qualifié d’incitation à la haine d’appartenance à un État, pour enfin arriver à la forme définitive qui est incitation à la haine raciale. Le second chef d’inculpation, procédure lancée par le procureur, est la discrimination caractérisée par l’entrave à l’exercice normal d’une activité économique : on est en droit de se demander où est l’entrave à l’activité économique lorsqu’il s’agit d’une distribution de tracts à la sortie du métro. Ces seuls éléments nous permettent déjà de comprendre sur quoi repose le dossier !

Autre fait marquant du procès : en France ce sont les parties civiles qui doivent payer 1500€ en cas de plainte excessive ou non justifiée, or ici il n’en est rien. C’est une association juive européenne qui a payé, ce qui, de fait, empêche l’équilibre du procès puisque les parties civiles ne perdent rien dans l’affaire, pour l’instant. Les inculpé-e-s ont également découvert à l’ouverture du procès qu’une nouvelle partie civile s’était ajoutée. Comment est-il possible d’avoir une défense équitable dans ce genre de situation ?

Après plus de 5 heures de procès, les inculpés sont sortis fatigués mais plus sereins qu’à leur rentrée dans le tribunal. Ils ont tenu à féliciter leurs deux avocates qui ont fait un énorme travail sur les deux dossiers et qui ont dû faire face au procureur et aux avocats des 5 parties civiles qui se relayaient pour plaider. Ils ont également voulu sensibiliser une fois encore les personnes présentes sur la situation dramatique que vit le peuple palestinien, et c’est ce qu’on attendait d’eux. En effet, malgré les pressions, ils continuent ardemment à défendre cette cause. Le rendu du jugement sera prononcé le 14 novembre.

Nous étions encore une fois nombreux et nombreuses à soutenir nos camarades Yamann, Jean Pierre, Loïc et Bernard ce jeudi. Et nous serons toujours là lors des prochaines échéances de soutiens, pour leur relaxe !