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Politique

Justice et vérité pour Adama !

Un scandale ! Mort d’Adama Traoré : les gendarmes non responsables selon une expertise

Dans un document auquel le Monde a eu accès, les médecins du dernier rapport dédouanent la police de toute responsabilité dans la mort d'Adama Traoré. Un rapport scandaleux tant par sa conclusion que son contenu. Telle est la réponse des "experts" aux 4000 personnes ayant manifesté à Beaumont-sur-Oise pour exiger justice et vérité pour Adama Traoré ce 21 juillet 2018. La mobilisation ne s'arrêtera pas là !

Ce rapport est probablement le dernier dans une série d’expertises et contre-expertises concernant les raisons exactes qui ont causé la mort d’Adama Traoré.

Ce dernier rapport exonère donc définitivement la police de toute responsabilité dans la mort d’Adama Traoré. Les experts avancent un « enchaînement de circonstances » qui auraient causé la mort d’Adama – la police et leurs méthode d’immobilisation avec genoux dans le dos" ne faisant étrangement pas partie de ses conséquences.

Au contraire, à en lire le rapport, on pourrait croire qu’Adama était condamné d’avance à mourir entre les mains de la police. Le rapport évoque les conditions physiques d’Adama et un ensemble de circonstances qui auraient conduit à une issue fatale – une sarcoïdose non diagnostiquée, un stress dû à l’effort – effort qui consistait à fuir la police – ou encore une déshydratation. Comme en conclut le rapport, la mort d’Adama est presque « naturelle », la police n’aurait rien à voir là-dedans : « Le décès de M. Adama Traoré résulte donc de l’évolution naturelle d’un état antérieur au décours d’un effort »

Pourtant, comme le rappelle le journal Le Monde, la méthode particulièrement brutale de plaquage ventral qu’a subie Adama n’est même pas mentionné. Plus encore, les rapports précédents démontrent qu’Adama s’était plaint dans le trajet le menant au commissariat, et que ses plaintes n’ont pas été prises en compte. Pour rappel, les pompiers l’ont trouvé inerte, sur le dos en arrivant. Il était encore menotté.

Pire encore : le rapport effectue un tri électif dans le témoignage de certains pompiers pour aller dans le sens qui dédouane les policiers : « Les sapeurs-pompiers appelés à la rescousse ont tous relaté que les gendarmes avaient refusé à plusieurs reprises de retirer les menottes qui l’entravaient. Avant de finalement s’y résoudre devant l’absence de pouls. L’un des sauveteurs raconte que le jeune homme était allongé face contre terre sur le sol de la gendarmerie à leur arrivée. » Pourtant, poursuit le journal, « Les médecins ne préfèrent prendre en compte que la version des deux autres sapeurs-pompiers qui évoquent une position latérale de sécurité imparfaite, due à la présence des menottes. »

A en croire le rapport, Adama était donc condamné à la mort certaine. La police n’y serait pour rien. Les événements se seraient « enchainés ». En dédouanant de toute responsabilité la police, ce rapport est un scandale de plus !




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