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Société

Société barbare

Une cinquantaine de sans-abris morts de froid depuis janvier : à qui la faute ?

La vague de froid qui s'abat sur la France frappe les personnes les plus fragilisées, notamment celles contraintes de passer leurs nuits dans la rue. Ainsi, de nombreux SDF ont été retrouvés morts de froid ces derniers jours.

Dans cette vague de froid glacial, les victimes se multiplient parmi les sans-abris. Lundi, un homme de 35 ans a été retrouvé sous un porche à Valence. L’après-midi un deuxième homme, âgé de 53 ans, est mort dans un champ à Grésy-sur-Aix en Savoie, la température était de -4°C. Au Pays-Basque ce sont trois personnes à la rue qui sont mortes en moins de dix jours. Il y a quatre jours, un homme de soixante ans a été retrouvé mort dans les bois à Auffreville-Brasseuil, dans les Yvelines. Il vivait dans une cabane de pêcheur dans les bois.

En tout, depuis le 1er janvier le Collectif les Morts De la Rue (CMDR) a comptabilisé 48 morts, un chiffre amplement sous-estimé selon le collectif, qui pourrait en réalité être multiplié par six.

L’Etat a annoncé avoir mis en place un plan grand froid pour les SDF, bien insuffisant à l’évidence. Et surtout qui semble bien hypocrite quand on sait que ce sont les forces de l’ordre elles mêmes qui, comme dans le Calvados, éteignent les feux de camp des migrants et prennent leurs sacs de couchage, soutenus pas la préfecture. Les places dans les hébergements d’urgence sont rares comme le rappelle le taux de demandes non-pourvues suite à un appel au 115 (en IDF seulement 25% des demandes faites au 115 ont abouti à un hébergement). En effet, les moyens matériels du gouvernement pour augmenter les places dans les centres d’hébergement n’ont jamais été à la hauteur des propos plein d’emphase d’Emmanuel Macron, qui déclarait en 2017 :« je ne veux plus de femmes et des hommes dans les rues, dans les bois, ou perdus... C’est une question de dignité, c’est une question d’humanité et d’efficacité là aussi. »

Le nombre de SDF n’a fait que croître ces dix dernières années. En effet, selon un rapport annuel de la fondation Abbé Pierre, le nombre de personnes sans domicile fixe a augmenté de 50% entre 2001 et 2012. Si le gouvernement est un complice actif de ce problème, il est ainsi impératif de comprendre que la misère est engendrée par un système économique injuste où seule règne la loi du profit. La mort d’un homme contraint de dormir dans la rue rappelle avec effroi que les besoins humains les plus élémentaires, s’ils ne répondent pas à cette exigence de rentabilité, sont tout simplement ignorés.

Crédits photo : GERARD JULIEN / AFP




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