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Politique

Incitation au meurtre

Une députée LREM veut tirer « sans se poser de question » sur les militants anti-nucléaires

Jeudi dernier, à l’Assemblée nationale, une députée En Marche voulait changer la loi pour autoriser à tirer sans « se poser de question » sur les militants qui pénètrent dans les centrales nucléaires. Greenpeace a annoncé ce lundi qu’une plainte serait déposée pour « incitation au meurtre ».

Crédits photo : afp.com/SEBASTIEN BOZON

Perrine Goulet, députée LREM de la Nièvre, faisait une sortie remarquée à l’Assemblée nationale jeudi 22 mars, au cours d’une audition de Gérard Collomb, ministre de l’intérieur. La séance portait sur la sécurité nucléaire et la députée En Marche, ancienne cadre d’EDF, a posé la question suivante :

Pourquoi nous ne ferions pas un peu comme aux États-Unis ? Avec une sécurisation par mirador et possibilité de ne pas se poser de questions quand il y a une intrusion, de tirer

La réponse du ministre, moins remarquée par les médias, est tout aussi choquante. « On est en train de réfléchir, par rapport à la question de Mme Goulet, explique Gérard Collomb. Pour savoir s’il fallait effectivement modifier la législation par rapport à l’usage des armes. »

Très concrètement, c’est donc d’un véritable permis de tuer les militants anti-nucléaires que parlaient les députés et le ministre jeudi dernier. Car ceux qui s’introduisent dans les centrales pour y déployer des banderoles ou réaliser quelques tags, ce sont en premier lieu les activistes de Greenpeace. 

En février dernier, deux d’entre eux, qui s’étaient introduits sur le site de Cattenom pour y tirer des feux d’artifice quelques mois auparavant, ont été condamné à deux mois de prisons ferme.

Mais Perrine Goulet semble estimer que cette peine n’est pas assez lourde pour les militants écologistes, puisqu’elle en appelle aujourd’hui au meurtre. C’est d’ailleurs pour cette raison que Greenpeace a fait savoir lundi qu’ils porteraient plainte contre elle.

Voilà donc une nouvelle déclaration qui montre à nouveau le visage du gouvernement. Une incitation à tuer des militants, des miradors et un permis de tuer pour défendre le nucléaire – et en premier lieu les intérêts de ses actionnaires – plutôt qu’une volonté de se tourner vers des énergies propres et moins dangereuses. 

Une fois encore, Macron et ses relais auront prouvé que leurs intérêts ne sont définitivement pas les nôtres. 




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