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Politique

13 000 € de vêtements et cosmétiques

Une élue PS, assistante parlementaire, condamnée pour avoir détourné l’indemnité de son député

Pendant que François Fillon sombre dans ses affaires de costumes, c’est à gauche qu’une affaire de détournement de fonds est sortie, avec une condamnation d’une élue PS d’Evry. Elle avait détourné les indemnités parlementaires de son député pour acheter des vêtements.

Assistante parlementaire, elle détourne l’indemnité de son député pour des vêtements et des cosmétiques


Fatoumata Koïta, conseillère départementale de l’Essonne, conseillère municipale d’Evry et assistante parlementaire du député de Mayotte Saïd Boinali (DVG), en plus d’être rodée au cumul des fonctions, est aussi douée pour les détournements de fonds publics. A seulement 34 ans, la jeune élue du bastion de Manuel Valls, sans atteindre les prouesses de Stéphane Sieczkowski Samier, un maire mis en examen à seulement 25 ans, est cependant déjà en pointe dans le concours national du détournement de fonds parlementaires.

Elle a en effet détourné près de 13 000 euros de l’indemnité du député pour lequel elle travaillait entre février 2014 et février 2015, notamment en vêtements et cosmétiques chez de enseignes comme Sephora, Zara ou Mango, et ce, à son profit personnel ! Evidemment, pendant près d’un an, les institutions n’ont rien remarqué, jusqu’à ce que son député s’aperçoive du détournement et licencie son employée.

Une peine de seulement deux mois avec sursis, sans inscription au casier judiciaire


Prise la main dans le sac et n’ayant visiblement pas les moyens « d’aller jusqu’au bout », Mme Koïta a plaidé coupable dans le cadre d’une procédure de « plaider-coupable » (CRPC). S’appuyant sur le fait qu’elle ait pu rembourser les sommes détournées, les juges ne l’ont condamnée qu’à deux mois de prison avec sursis, autant dire une peine plus que légère étant donné un contexte politique où le nombre d’élus accusés de détournements de fonds publics ne se comptent plus. Et rembourser d’une traite 13 000 euros, c’est possible lorsqu’on cumule les indemnités ! Même les journaux réputés de gauche, comme Marianne parlent d’une « dérive personnelle », comme si la corruption était une erreur de jeunesse, un coup de folie qui emmènerait ces malheureux élus vers des gestes qu’ils regretteraient toute leur vie ensuite. De plus, et c’est sûrement le summum de l’expression d’une justice de classe implacable, l’élue n’a pas vu cette condamnation inscrite au bulletin n°02 du casier judiciaire. La mesure a été accordée parce que l’élue aurait besoin d’un casier vierge «  pour se réinsérer ou pour poursuivre une activité professionnelle  »… autant dire qu’elle peut maintenant vaquer à ses occupations d’élue, et éviter pour quelques années de piocher dans la caisse, ce qu’elle pourra à nouveau refaire dans 5 ans. Le Parti Socialiste n’y est d’ailleurs apparemment pas opposé, car David Ros, maire PS d’Orsay et président du groupe Rassemblement de la gauche et de l’écologie au conseil départemental, a déclaré sans scrupules : « Il ne s’agit pas d’une condamnation à de la prison ferme, il n’y a pas d’inscription sur le bulletin n°2 du casier judiciaire et il n’y a plus de poursuite de la part de la victime. Si elle le désire, elle pourra réintégrer le groupe ». A croire que dans le milieu, ce genre d’affaire est monnaie courante...




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