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Monde

États-Unis

Une enfant immigrée âgée de 2 ans passe devant la justice américaine

Ce lundi 8 octobre, une petite fille âgée de 2 ans est passée au tribunal aux États-Unis. Quittant le Honduras, sa grand-mère et elle sont entrées illégalement sur le territoire des États-Unis en juillet dernier.

Non, ce n’est pas une fake news. Une très jeune enfant vient de faire les frais de la politique migratoire de l’administration Trump.

Fernanda a deux ans, et est l’enfant la plus jeune à comparaître à ce jour. Sa grand-mère l’a emmenée jusqu’aux États-Unis, pensant lui promettre un avenir meilleur. Arrivées à la frontière, la police douanière les a arrêtées. Quelques jours plus tard, cette même police a brutalement arraché l’enfant à sa grand-mère pour la confier à un centre de rétention pour enfants. Francesca a atterrit à New-York, où des associations d’avocats prennent en charge les enfants migrants seuls. C’est par ces associations qu’elle a pu avoir un avocat le jour de son procès – ce qui n’était pas assuré.

Bien sûr, à l’âge de 2 ans, elle n’a pris aucune de ces décisions elle-même, et a été transférée, interrogée et jugée par les autorités. Pour gagner le droit d’asile aux États-Unis, il faut témoigner de souffrances et/ou de traumatisme dûs au vécu dans le pays d’origine. Or, sans surprise, la petite fille n’a pas pu dire un mot – l’avocat s’occupant d’elle précise qu’elle est timide. Quoi de plus normal qu’une enfant de deux ans, ne parlant pas anglais, soit trop impressionnée par une cour de tribunal ? Quand l’interprète hispanophone lui annonce qu’elle va pouvoir revoir sa famille, elle baissa la tête, ce que la cour a pris pour un hochement de tête, et donc un « accord » avec l’avis du juge.

Ce que le cas de Fernanda révèle, c’est les conséquences concrètes de la politique migratoire de Trump – dont beaucoup de politiciens veulent s’inspirer – y compris sur des enfants loin d’être en âge ne serait-ce que de comprendre ce qui leur arrive. Car aux États-Unis, quel que soit leur âge, les enfants sont séparés des parents aux frontières, et mis dans des centres de détention spécifiques pour les enfants migrants avant de passer devant un juge, donc sans parents, et la plupart du temps sans avocat.




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