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Genres et Sexualités

Solidarité avec les femmes du monde entier

Une femme arrêtée pour « immigration illégale » alors qu’elle portait plainte pour viol

L’affaire, récemment raportée par différents journaux anglo-saxons est révélatrice des atrocités qu’engendrent les politiques anti-migrants. Une jeune femme ayant porté plainte dans un commissariat à Londres pour séquestration et viol a été arrêté dans le centre d’hébergement de femmes victimes de violence sexuelles au motif que son statut d’immigration n’était pas en règle.

C’est en mars 2017 que la jeune femme est allée porté plainte dans un commissariat londonien pour avoir été kidnappée et violée entre septembre 2016 et mars 2017 en Allemagne. Au moment de son arrestation, elle était enceinte de cinq mois.

Après l’avoir conduite dans l’un des trois centres Havens de la capitale – venant en aide aux victimes de violences sexuelles – la police l’a interrogée sur son statut d’immigration et arrêtée pour « suspicion d’entrée illégale au Royaume-Uni ». En se rendant au commissariat, elle avait elle-même déclaré être arrivé de manière illégale sur le sol anglais.

La police londonienne s’est ainsi empressée d’ouvrir une enquête sur son cas, la faisant instantanément passer de véritable victime à pseudo-« coupable », selon les lois liberticides concernant l’immigration. Le traumatisme est double. Mieux vaut avoir ses papiers en règles avant d’être agressée.

Les centres Havens, en partie financé par les services de police londoniens semblent ainsi désormais leur servir pour mettre en place une « chasse aux migrants ». Ce cas découle de la politique anti-migrants de Theresa May qui par exemple en 2013 avait soutenu l’idée que le NHS (un centre médical), les banques, ou les propriétaires terriens aient à vérifier les statuts d’immigration des personnes avant que celles-ci puissent accéder à leurs services, cherchant par là à instituer un contrôle d’identité permanent.

Et le maire de Londres, Sadiq Khan, a défendu cette pratique en affirmant que la police est obligée de signaler toute personne, même les victimes, au ministère de l’Intérieur s’il existe des « motifs raisonnables » de remettre en question leur statut d’immigration. De quoi décourager toutes les femmes migrantes victimes de violences – sexuelles ou physiques – d’aller porter plainte et de les laisser à la merci de leurs agresseurs.

Grâce au soutien des associations et des individus, la jeune femme a reçu une « lettre d’admission temporaire » la forçant néanmoins à se présenter régulièrement à un officier de l’immigration. Quant à sa plainte, elle a été transférée aux autorités allemandes.

La lutte contre les violences faites aux femmes, lorsqu’elle ne peut pas servir les visées répressives des gouvernements (comme c’est le cas en France, par exemple) n’est en aucun cas une priorité pour eux. La lutte contre les violences faites aux femmes peut-être, mais pas pour toutes les femmes, puisque la priorité revient à l’application des lois liberticides anti-migrants.

Crédits photo : AFP 2017 Justin Tallis




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