Notre classe

Contre les suppressions de poste à la SNCF

Une grève très suivie à la gare de Montpellier Saint Roch

Publié le 8 février 2016

Le week-end dernier, plus de 70% des agents et agentes de la gare de Montpellier se sont mobilisées contre les suppressions de postes pendant une grève de deux jours. Le taux de suivi de cette grève est un signe fort contre la direction locale, qui applique les annonces de la direction nationale de la SNCF.

Dom Thomas

Le couperet est tombé pour les cheminots et cheminotes de Montpellier : dans les mois qui viennent, neuf postes à la vente et deux postes au service d’orientation des voyageurs vont disparaître. Cela signifie des conditions de travail plus difficiles pour les agents restants : à la vente, le manque d’effectif ne permet d’ores et déjà plus aux agents de bénéficier de l’intégralité de leurs congés. Cela induit également des conditions de service dégradées pour les usagers : les horaires de l’espace de vente seront restreints, et les agents disponibles pour répondre aux questions des voyageurs seront moins nombreux.

La direction locale, qui prône l’amélioration de la qualité du service mais dans les faits refuse de qualifier ses agents, applique la logique implacable de la direction générale, qui a annoncé près de 2000 suppressions de postes pour 2016. Cette logique a un coût pour la sécurité de ses agents et des usagers : à partir de mai 2016, la transmission de l’autorisation de de´part d’un train pourra e^tre donne´e par n’importe quel agent, au détriment du respect des consignes de sécurité élémentaires. La direction justifie ses choix, entre autres, en appelant au pragmatisme et à la raison : elle prétend que la réduction de temps d’ouverture des espaces de vente découle des choix des usagers, qui préfèrent utiliser la vente en ligne. C’est oublier que la SNCF consacre un budget non négligeable pour attirer les clients vers le numérique et les inciter à acheter en ligne, quand elle ne l’impose pas carrément de fait, dans les zones rurales tout particulièrement où elle ferme ses boutiques et éloigne les usagers de dizaines de kilomètres des guichets les plus proches.

Mais les cheminots et cheminotes de Montpellier ont décidé de ne pas se laisser faire : faisant face à la surdité de leur direction lors des négociations qu’ils ont tenté de mener, c’est plus de 70% des agents qui se sont mis en grève le week-end dernier ! L’espace de vente est ainsi resté fermé, obligeant les cadres à descendre de leurs bureaux et à enfiler leur gilet rouge pour assurer la vente et l’orientation des voyageurs. Bien entendu, aucune trace de ce mouvement de grève dans les médias dominants, locaux comme nationaux.

Les cheminots de Montpellier réclament non seulement l’arrêt des suppressions de postes et l’embauche d’un effectif suffisant pour que les agents puissent tous prendre leurs congés, mais également la reconnaissance des qualifications des agents en poste et le développement d’un plan de qualification et de carrière pour chacun et chacune.

Dans le contexte du maintien de l’état d’urgence et de la criminalisation du mouvement syndical, le très fort taux de suivi de cette grève est un très bon signe. Il s’agit maintenant de faire en sorte que cette mobilisation locale soit la prémisse d’un mouvement plus général visant à faire reculer la direction de la SNCF et le gouvernement sur les restructurations annoncées, et plus généralement sur la réforme ferroviaire, dans la continuité du large mouvement de grève de juin 2014.