Politique

Marche arrière pour Cambadélis

Une primaire à gauche. Hollande tente-t-il un quitte ou double ?

Publié le 17 juin 2016

Alors que trois militants PS avaient fait appel de la décision du TGI de Paris visant à exiger du PS d’organiser une primaire comme l’y oblige ses statuts, Cambadélis qui avait fait émis l’idée d’un congrès pour éviter à tout prix une primaire, change de fusil d’épaule et a annoncé qu’il allait présenter au Conseil National du PS, ce samedi, la proposition d’organiser d’une primaire à gauche, « ouverte à la seule Belle Alliance Populaire », si la « primaire de toute la gauche est impossible ». Alors même que Hollande creuse toujours plus bas que terre dans les sondages, ce virage de la primaire, une première pour un président PS sortant, est-il un quitte ou double pour sauver les meubles et tenter de recoller les morceaux avec son opposition interne, qu’il a assommé de 49.3, et sa base électorale ?

Damien Bernard et Arthur Nicola

Alors que le président et son gouvernement sont au plus bas dans les sondages, et que selon le dernier sondage BVA place Mélenchon au dessus d’Hollande dans les intentions de vote, les perspectives s’assombrissent toujours plus pour 2017. Le choix de la primaire à gauche même si elle se faisait entre amis proche, reflète en quelque sorte la très grande difficulté du gouvernement, notamment la nécessité de reconquérir une base électorale, qui semble rompre toujours plus avec les politiques du gouvernement, la loi Travail et son lot de répression policière ayant approfondie cette rupture. Ainsi ouvrir une telle primaire à gauche est un risque fort, au vu de l’impopularité record du gouvernement.

Malgré ce risque, Cambadélis, en accord avec Hollande, a décidé de proposer une primaire au rabais pour sauver les meubles, dans le but notamment, de la limiter à une demi-primaire à gauche entre amis de la Belle Alliance Populaire (PS, PRG et écolo pro-gouvernement) : avec les potentielles candidatures de Liennmas, Hamon et Montebourg. Une adversité, qu’il s’agirait potentiellement de rallier, un pari loin d’être gagné pour Hollande, alors que par exemple Montebourg semble bien parti pour faire cavalier seul. Ainsi, il s’agit aussi de « rassembler son camp » et de tenter de renouer avec sa base électorale, dont le « peuple de gauche », alors même que Jean-Luc Mélenchon et sa sixième République, ont pu capitaliser une certaine sympathie suite à la mobilisation contre la loi travail comme alternative à gauche de Hollande.

Ainsi, la situation semble sans issue, pour Hollande, convaincre les salariés, notamment ceux qui se sont battus pendant déjà trois mois contre ce même gouvernement semble peine perdu. Cela malgré, les miettes données aux secteurs clés de la base électorales de Hollande, notamment la jeunesse et les fonctionnaires, ou encore malgré la « baisse » maquillée du chômage. Le défi semble vain. Entre les « socialistes » sociaux libéraux pro-patronaux du PS d’un côté, et les réformistes qui voient dans une 6ème République, ou le modèle de Podemos ou Tsipras comme des exemples à suivre, plus que jamais, il est nécessaire que la gauche anticapitaliste et révolutionnaire se montre à la hauteur des enjeux de la période et se présente pour défendre le camp des exploités et des opprimés, et ce en total indépendance de classe. Le besoin de lutter pour que Philipe Poutou, candidat du NPA aux élections présidentielles soit présent, est de plus en plus urgent.

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Mots-clés PS