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Notre classe

Mépris patronal

Une travailleuse handicapée saisit les prud’hommes. Carrefour lui a réclamé jusqu’à 9000€

Le Carrefour d’Hérouville-Saint-Clair près de Caen se retrouve au cœur d’une polémique révélatrice du mépris patronal. Une employée, malentendante et qui revenait de congé maternité, a contesté sa nouvelle affectation, allant jusque devant les prud’hommes devant l’obstination de la direction… qui est allée jusqu’à lui réclamer 9000€ !

En décembre 2016, une travailleuse malentendante du Carrefour d’Hérouville-Saint-Clair, commune du Calvados, reprend le travail après son congé maternité. A sa grande surprise, puisque la direction n’a pas daigné l’informer, la jeune femme découvre qu’elle n’officie plus au rayon papeterie, mais à l’épicerie.

Une situation nouvelle qui perturbe cette travailleuse handicapée, qui explique avoir « perdu tous [s]es repères, ce n’était pas évident de travailler avec une nouvelle équipe, de [s]’intégrer ». C’est alors qu’elle rédige une lettre à l’adresse de sa direction, afin de retrouver son poste d’origine. Devant l’absence totale de réponse, elle décide de porter l’affaire devant les prud’hommes.

Crime de lèse-majesté pour Carrefour, qui contre-attaque avec force. Prétextant que la procédure est abusive, l’entreprise réclame alors 9000€ à la salariée ! A l’audience de ce mercredi 29 novembre toutefois, la direction rétropédale légèrement, réclamant 1500€, somme qui correspond au frais de justice.

On trouve que la situation est invraisemblable, d’autant plus invraisemblable que Carrefour veut se démontrer comme exemplaire par rapport à l’accueil et l’accompagnement des travailleurs handicapés en affichant notamment sa bienveillance. On se demande où se trouve la bienveillance

Franck Mérouze, secrétaire de l’union locale de la CGT qui était présent ce mercredi à l’audience

Ce qui transparait de cette affaire, c’est bel est bien le mépris total de la direction envers ses employés. D’une part par le refus total de dialogue, mais aussi par la politique agressive qu’elle adopte. Dans le monde des hautes sphères de géant tel que Carrefour, toute demande légitime d’un.e travailleur.euse devient une acte d’insubordination insupportable, qu’il s’agit de réprimer fortement. En attendant le verdict, qui sera rendu le 29 janvier prochain, il s’agit bien évidemment d’apporter un soutien sans faille à cette travailleuse qui n’a fait, en somme, que réclamer son dû.




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