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Jeunesse

Communiqué des étudiants Paris 8

Uniformes hors de nos facs !

Contre la présence des forces de l’ordre à un forum de recrutement sur notre campus, nous appelons à un rassemblement le Jeudi 7 décembre à 13h dans le hall du bâtiment B1 de l’université de Saint-Denis.

Le jeudi 7 décembre 2017, l’événement « Jobtrail » est organisé à Paris 8. Il s’agit d’un « forum francilien pour l’emploi dédié aux étudiants et jeunes diplômés ». À cette occasion, l’Université Vincennes-Saint-Denis, en partenariat avec d’autres institutions, accueille divers « jobtrainers » : des représentant-e-s d’associations, d’entreprises et de différentes structures. Parmi la longue liste de présent-e-s, plusieurs structures représentantes des forces armées et des forces de l’ordre : la Police nationale, la Gendarmerie nationale, la Marine nationale et le CIRFA (Centre d’information et de recrutement des forces armées).

Une fois de plus, l’Université Paris 8 ouvre ses portes aux uniformes et aux représentants de l’ordre sécuritaire et militaire d’État.

Une fois de plus, nous dénonçons ce parti-pris et refusons leur présence.

Sur le territoire français, les membres de la police et de l’armée sont très régulièrement responsables de nombreuses violences, et notamment de meurtres : chaque année, les forces de l’ordre françaises tuent plus de quinze personnes. Ce sont en immense majorité des hommes non-blancs issus des classes populaires. Les motifs avancés pour justifier ces meurtres visent toujours à criminaliser les victimes afin d’invoquer la légitime défense et ainsi protéger les flics ou les militaires assassins. Nous pensons cependant que ces meurtres ne sont ni des hasards ni des réponses « légitimes », mais qu’ils s’inscrivent dans la logique même des institutions militaires et policières : défendre les intérêts de l’État français, sur le territoire national ou au-dehors et à contenir, par la force, toute forme de transgression de l’ordre social établi.

Nous sommes malheureusement trop souvent témoins de leur permis de tuer et de leur violence sexiste, comme ces dernières semaines l’ont confirmées. À Sarcelles, un flic a violemment agressé sa compagne qui souhaitait le quitter, la blessant grièvement et tuant trois autres personnes. Suite à cela, la polémique sur l’armement des forces de l’ordre hors service a resurgi : depuis la mise en place de l’état d’urgence, les policiers peuvent garder leur arme même lorsqu’il ne travaillent pas. Interrogé sur ce point après les meurtres de Sarcelles, Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, a affirmé que « les flics resteront armés, il n’y a pas de problème ». Pour lui, il s’agit simplement de « quelqu’un qui, a un moment donné, déraille totalement ». Pourtant, ces féminicides perpétrés par les forces de l’ordre sur leurs conjointes ou ex-conjointes ne sont pas rares : depuis la rentrée, plusieurs policiers s’en sont pris à leur compagne, avec leur arme. Dans le contexte actuel de dénonciation des violences faites aux femmes, il n’est pas possible de fermer les yeux sur ces agressions et ces meurtres sexistes.

Nous refusons que des institutions qui forment leurs membres à tuer et les protègent quand ils le font puissent avoir un droit d’accès à l’université.

Enfin, nous dénonçons la logique d’insertion par le travail dans laquelle s’inscrit cet événement. Penser l’Université uniquement en termes de débouchés professionnels est une mutation néolibérale de l’institution scolaire qui se plie ainsi aux lois du marché. Nous réaffirmons notre volonté que la fac soit un espace d’apprentissage, de partage de savoirs, de rencontres et d’échanges, épargné par les injonctions capitalistes.

L’Université Paris 8 d’hier ne s’est pas construite sur ces valeurs marchandes et militaristes, celle d’aujourd’hui ne devrait pas y céder !

Le campus de notre université n’a pas à être le lieu de propagande de la force armée de l’État, sous quelque forme qu’elle se présente : policière ou militaire. Depuis toujours, ces institutions servent la structure raciste, sexiste, bourgeoise et coloniale de l’État français par le maintien d’un ordre social inégalitaire. Nous refusons que la fac soit la vitrine respectable d’un discours sécuritaire et guerrier : flics et militaires hors de nos facs !

C’est pourquoi nous demandons l’annulation pure et simple de la venue, et de toute autre forme d’intrusion dans la fac des représentants des forces de l’ordre. Si la Direction devait maintenir la présence de ces institutions dans l’espace universitaire, nous emploierons les moyens nécessaires pour l’empêcher. Nous appelons donc toutes les personnes qui le souhaitent à se joindre à nous le jour de ce forum, afin de veiller à ce qu’aucun flic ou militaire ne puisse venir recruter d’étudiant-e.

RDV le 7 décembre 2017 à 13h dans le hall du bâtiment B1.

Des étudiantEs




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