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Université d’été. "L’internationalisme militant doit être une pratique permanente"

Publié le 16 juillet 2016

La première journée de l’université d’été internationaliste s’est achevée sur une discussion portant sur l’internationalisme et la Quatrième Internationale, le parti mondial de la révolution socialiste.

Correspondant

Juan Chingo, du Courant Communiste Révolutionnaire (CCR) du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) de France, et Stefan Schneider RIO, Allemagne, ont introduit la réunion plénière. Juan Chingo a ouvert la discussion sur les fondements de l’internationalisme à l’époque actuelle, partant des principales tendances à la mondialisation de l’économie capitaliste.

« Le système est toujours plus capitaliste et toujours plus mondialisé », a-t-il pointé, rappelant l’histoire des différentes phases du capitalisme et l’internationalisation croissante de la production capitaliste au cours des dernières décennies. « C’est la démonstration même que l’idée du socialisme dans un seul pays est une stupidité ou une chimère ».

Juan Chingo a par la suite expliqué que « la bourgeoisie a historiquement résolu de manière totalement réactionnaire la contradiction entre les Etats nations et le développement des forces productives, avec les massacres impérialistes ». En ce sens, « l’Union Européenne a été une tentative de la bourgeoisie de résoudre cette contradiction » en cherchant un marché plus large et une nouvelle position dans la division internationale du travail.

Mettant en évidence la contradiction majeure de la période actuelle, il a souligné comment la bourgeoisie impérialiste européenne se pare d’un discours « internationaliste » en défendant l’Union Européenne réactionnaire, tandis que des secteurs consistants du monde du travail votent pour des partis nationalistes de droite qui proposent de revenir à l’Etat nation. Ainsi, et plus que jamais « on doit reconstruire l’internationalisme prolétarien, montrant aux travailleurs, à quel point, les frontières nationales sont réactionnaires ».

« Si le socialisme dans un seul pays est une chimère, le retour à un capitalisme national est un non-sens total », a-t-il souligné en polémique avec les secteurs de la gauche européenne, tant ceux qui veulent démocratiser l’UE que ceux qui proposent un « lexit », une sortie de l’UE « sur la gauche » et un retour à l’Etat nation comme une étape « progressiste ».

Le second fondement de l’internationalisme, selon Juan Chingo, est que « s’il y a une économie mondiale, il y a également une lutte des classes mondiale ». C’est en ce sens, a-t-il conclu, qu’il ne peut exister « de révolutionnaires à échelle nationale ». C’est bien un « combat à échelle internationale et une pratique politique qui doit être portés systématiquement dans les lieux de travail et d’études.

Dans la foulée, Stefan Schneider, de l’Organisation Révolutionnaire Internationale d’Allemagne, a pris la parole, se référant à la question des tâches que doivent se fixer les militants internationalistes aujourd’hui. « L’internationalisme, ce n’est pas seulement mettre en place des actions de solidarité internationale », mais aussi et surtout « construire une organisation révolutionnaire mondiale ».

Face à la crise de l’UE qui a suscité une vague xénophobe, raciste et le renforcement des frontières nationales, l’internationalisme est une nécessité. « Certains disent que la revendication de l’ouverture des frontières défendue par les révolutionnaires est utopique. En réalité, ce qui est parfaitement utopique, c’est de croire que quelque chose de bon peut ressortir du retour aux Etats nations ».

Stefan Schneider a également souligné combien la question stratégique de la perspective de la lutte pour les Etats Socialistes Unis d’Europe s’inscrit sur le terrain de la lutte pour des gouvernements ouvriers et la destruction de l’Etat capitaliste, contre les stratégies néo-réformistes européennes.

Il a rappelé combien la lutte pour la construction d’un parti mondial de la révolution socialiste, la Quatrième Internationale, n’est pas une idée abstraite, mais une construction collective sur la base d’un programme et d’une stratégie commune.
Les groupes constituant la Fraction Trotskiste-Quatrième Internationale, à l’origine du Réseau International Izquierda Diario, « souhaitent faire parvenir leurs idées à des centaines de milliers de personnes dans le monde entier, confluant avec des milliers de jeunes et de travailleurs qui souhaitent dénoncer l’exploitation, la précarité, le racisme, la xénophobie et qui sympathisent avec une perspective anticapitaliste ».

Le débat s’est poursuivi avec des questions et des interventions des participants, racontant des expériences de solidarité internationale au cours des derniers mois, durant la lutte contre la loi travail en France, ou les marches européennes en solidarité avec les enseignants mexicains en lutte. Autant de démonstrations que l’internationalisme militant commence à être pris en main par des jeunes et des travailleurs du monde entier.