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Jeunesse

« Plans de retours à l'équilibre »

Université : les plans d’austérité se multiplient

Depuis la loi sur l'autonomisation des universités de 2007, qui marque un désengagement financier de l’État de plus en plus accru, de nombreuses universités se retrouvent dans une situation de déficit budgétaire. Face à cette situation, les présidences d'universités et leurs conseils d'administrations, dans la droite lignée de la politique de destruction de l'université publique orchestrée par l’État, multiplient les plans d'austérité.

Les plans d’austérité, autrement appelé les « plans de retours à l’équilibre », se multiplient dans les universités. Dans un contexte marqué par des attaques successives à l’égard de l’université publique - pilotées depuis deux décennies par les gouvernements successifs – les universités se retrouvent dans des situations plus que difficiles. Depuis la loi sur l’autonomisation des universités, en 2007, le désengagement financier de l’État est de plus en plus marqué et la dotation attribué par l’État aux universités ne permet pas de subvenir aux besoins de ces dernières – en terme de coût de la masse salariale et de capacités d’accueil des étudiants - qui ne cessent d’augmenter chaque année. En raison notamment du fait que le nombre d’étudiants augmente de 30 000 à 60 000 chaque année.

Ainsi, aujourd’hui, cinq universités se retrouvent en déficit, soit 10% d’entre elles. Une dizaine d’établissements sont quant à eux dans une situation budgétaire « dégradée » ou « très dégradée », d’après la dernière note de la Cour des comptes publiée en mai dernier. Dans ce contexte, plusieurs présidences d’universités et ses conseils d’administration - ces instances déconnectées de la réalité et des intérêts des étudiants et travailleurs de la fac qui décident des orientations centrales, en terme notamment de budget, et appliquent les contre réformes et politiques du gouvernement – mettent en place des plans de retours à l’équilibre, soumis à l’avis préalable du recteur. Ce ne sont que des plans austéritaires et sociaux, qui ont pour objectif de réduire les déficits budgétaires en s’attaquant aux conditions de travail et d’étude.

En 2016, l’Université Versailles-Saint-Quentin, puis l’université Toulouse 3, ont appliqué ces plans d’économies. Un plan de redressement de trois ans pour l’université Toulouse 3, qui a engendré la suppression de 200 postes.
Depuis, les cas se multiplient. En 2017, l’université fusionnée Grenoble-Alpes a voté un plan de retour à l’équilibre qui est censé engendré un gel de 43 postes de personnels Biatss et de 51 postes d’enseignants chercheurs d’ici à 2020. A Limoges, le plan de redressement voté en 2017 a engendré le gel de 43 postes et la réduction de 17% de l’enveloppe de l’offre de formation.

Plus récemment encore, c’est le conseil d’administration de l’université de Rennes 1, université qui est mise sous tutelle du rectorat, qui a voté un plan de retour à l’équilibre. Pour « redresser » la barre de ses finances, le plan prévoit de s’attaquer directement aux conditions de travail et à la masse salariale. Ce dernier prévoit en effet un non-renouvellement important de postes d’enseignants-chercheurs et de Biatss, jusqu’en 2021. 120 postes nets ne seront pas renouvelés, dont 92 personnels Biatss. S’ajoute à cela « les titulaires qui seront remplacés par des contractuels et des contractuels non renouvelés. Ce qui fait une économie de 274 postes au total », détaille le secrétaire de la CGT-Ferc de l’établissement. Ici, comme dans beaucoup d’autres établissements, l’une des solutions visant à faire des économies consiste à la dégradation et à la précarisation des conditions de travail avec le remplacement de postes d’enseignants-chercheurs titulaires par des enseignants contractuels qui coûtent moins cher. Ce véritable plan social est vivement dénoncé par les syndicats de Rennes 1, qui dénoncent un « point de non-retour ».

Les étudiants et travailleurs de l’université de Lille vont également subir un plan de redressement, étalé sur 5 ans, qui va engendrer la suppression de 73 emplois d’enseignants-chercheurs et de personnels administratifs. Des attaques contre les conditions de travail et d’étude qui, tout comme à Rennes 1, provoquent déjà mécontentements et crispations.

Il semble dés lors que ces plans d’austérité soit l’option privilégiée prise par les présidences d’universités et appuyée par le gouvernement pour répondre au problème du manque structurel de moyens.




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