Notre classe

Les travailleurs toujours soudés face à l’offensive du patronat

Usine Sidel au Havre : des licenciements pour les vacances

Publié le 5 juillet 2016

Le patronat est si bien organisé qu’il a su profiter de l’arrivée des vacances et du départ des employés en congés pour annoncer les licenciements d’une trentaine d’employés chez Sidel.

Maryline Dujardin

C’est l’usine Sidel du groupe Tetrapak, leader mondial de l’embouteillage, dont les travailleurs s’étaient battu avec panache en novembre et décembre contre le plan de licenciement de 189 personnes sur une usine employant quelques 800 salariés. Pour cette usine qui se porte économiquement bien la surprise avait été grande et le dégoût encore plus. Pendant des semaines, les employés avaient débrayé et chaque fois reconduit la grève jusqu’à finalement obtenir des départs en retraite anticipée, des reclassements et une trentaine de licenciements secs, réduisant ainsi le nombre effectif de licenciements.

Une forte solidarité s’est installée entre ces travailleurs qui ont vécu ensemble une injustice trop grande. La lutte les a en définitive rapproché. Durant leurs semaines de mobilisation, un fort soutien de la population les avaient accompagnés, leur permettant ainsi de tenir. Les travailleurs de Sidel ont été présents sur toutes les mobilisations contre la loi travail, les opérations de blocage.

Mais à l’aube des vacances d’été les noms sont tombés et c’est une quinzaine de travailleurs, tout simplement licenciés, qui devront partir mi-juillet et une autre partie en octobre. Des femmes principalement âgées de 35 à 50 ans n’ayant connu que Sidel sur des postes administratifs où il est difficile de retrouver du travail. Certains des travailleurs se sont mis en arrêt maladie depuis l’annonce. Difficile pour des employés auparavant si soudés d’avaler la pilule de ces licenciements habilement annoncés à l’heure où il est le plus difficile de se mobiliser.

Alors c’est tout naturellement que les employés ont de nouveau débrayé mardi après-midi pour discuter des possibilités d’action. Mais aussi pour montrer leur soutien et appeler encore une fois au maintien des postes des 27 « membres de la famille ». Mais la lutte ne s’arrête pas là et la solidarité ira jusqu’au bout.