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Mines de Rio Turbo

[VIDEO] Argentine. La police tire pour empêcher la tenue d’une assemblée générale des mineurs

Lundi 1er octobre, après avoir parcouru plus de trois mille kilomètres, les mineurs de Rio Turbio (Santa Cruz) ont manifesté devant le congrès pour réclamer le rejet du budget 2019. Alors qu’ils entraient dans l’Institut National de Technologie Industrielle (INTI) afin de participer à une assemblée générale, la police a ouvert le feu avec des balles en plomb, mettant en danger la vie des travailleurs mobilisés.

La mine est l’un des secteurs touché par le plan d’ajustement de Macri. C’est ce qui explique l’impressionnante mobilisation des mineurs du gisement de Río Turbio, venus depuis Santa Cruz pour manifester devant le Congrès.

Les travailleurs du site carbonifère de Rio Turbio, qui, au début de l’année, s’opposaient à des centaines de licenciements, ont une revendication spécifique : rejeter le budget 2019 qui réduit d’un tiers les fonds de l’entreprise publique. Cette réduction drastique aurait à n’en pas douter pour effet de conduire à une nouvelle vague de licenciements.

Lors de leur action, les mineurs ont retrouvé les travailleurs de l’usine industrielle de Agua Pesada de Neuquén, qui rejettent également le plan d’ajustement du gouvernement et exigent que soit inclue dans le budget 2019 la remise en service de leur usine.

Quand la police tire avec des balles de plomb…

Vers midi, alors qu’ils entraient dans l’Institut National de Technologie Industrielle (INTI) – qui est soumis à une vague de licenciements depuis le début de l’année – et ce, afin de participer à une assemblée générale, les mineurs se sont très rapidement fait réprimer. Selon le communiqué des travailleurs de l’INTI, « lorsqu’ils sont arrivés à la porte du PTM et allaient participer à l’assemblée, en compagnie de délégués du bureau interne de ATE INTI, ils ont été interceptés par le responsable de la conciergerie, José Provetina et le responsable du personnel de Murata, qui ont commencé à frapper les délégués et les mineurs. »

Au cours de la répression, qui a débuté par des attaques de la part des forces de sécurité, puis s’est intensifiée en raison des actions de la police fédérale, un agent fédéral, qui n’avait pas de pièce d’identité, a commencé à tirer avec son arme réglementaire, mettant en danger la vie des travailleurs.

Après avoir dénoncé cette répression, les mineurs sont retournés sur la place de Buenos Aires pour continuer leurs actions. Quand le soleil s’est couché, la marche aux flambeaux et frontales est passée par la Plaza de los Dos Congresos. Les mineurs étaient accompagnés de diverses organisations syndicales et sociales. Parmi elles se trouvaient des dirigeants du Movimiento de Agrupaciones Clasistas (MAC) impulsé par le Parti des Travailleurs Socialistes (PTS), qui ont envoyé aux mineurs une lettre contenant des propositions pour l’appui de leur lutte et la coordination avec le reste des secteurs qui résistent aux attaques de Cambiemos.
Mercredi, les mineurs organiseront une veille contre le budget, invitant les organisations syndicales, politiques et sociales à y participer. Ils seront là à minima jusqu’à vendredi pour mener différentes activités.

Miguel Páez, secrétaire général de l’ATE Rio Turbio, a déclaré au micro de la Izquierda Diario « nous rejetons ce budget d’ajustement porté par le gouvernement, qui met en péril de nombreux emplois, et en particulier notre site et l’usine. » Il poursuit : « Nous allons nous réunir avec différents secteurs qui se battent actuellement. »

Cristian Gordillo, secrétaire adjoint du syndicat ATE, a dénoncé l’attaque policière dont ont été victimes les mineurs mobilisés. Il a par ailleurs annoncé, qu’au cours de la semaine et en particulier mercredi prochain, les mineurs tenteront de converger avec d’autres secteurs en lutte.
Une fois de plus, comme ce fut le cas lors des énormes mobilisations des 14 et 18 décembre dernier face à la réforme des retraites, la police de Macri montre son visage violent et répressif afin d’essayer de mater toute mobilisation des travailleurs en lutte. Dans ce contexte, la solidarité de tous les travailleurs et la convergence entre les secteurs est plus que jamais nécessaire pour faire reculer Macri, à la botte du FMI.




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