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Humour. Du fric pour les riches !

[VIDEO] Montpellier : réussite du « Jour des Bourges », manifestation ironique

Publié le 2 juin 2016

Une centaine de manifestants a parcouru les rues du centre-ville de Montpellier jeudi 2 juin après-midi. Pour une fois, il ne s’agissait pas de ces grévistes terroristes qui prennent la population en otage pour défendre leurs acquis de nantis : la petite foule bigarrée, dans ses habits du dimanche, défendait fièrement les intérêts des riches.

Dom Thomas

« Pas d’impôts pour les riches », « le Code du travail, c’est pour la racaille », « plus d’actionnaires, moins de fonctionnaires », « faites des enfants, pas des intermittents » : les manifestants présents cet après-midi dans le centre-ville de Montpellier n’ont pas mâché leurs mots. C’est que ces riches propriétaires d’entreprise en avaient gros sur le cœur, après tout ce qu’ils subissent actuellement : augmentation de leurs profits, réduction des droits de leurs salariés, amoindrissement des règles à respecter pour licencier etc. On peut comprendre leur colère légitime et, à tout le moins, leur exprimer de la solidarité en relayant ici des images (voir vidéo ci-dessous) de leur action courageuse.

Après avoir défilé en tournant systématiquement à droite, les vaillants patrons se sont invités dans le Quick de la place de la Comédie pour rappeler que « les managers, c’est que du bonheur » et exhorter les salariés à travailler mieux, plus vite et pour moins cher. Ils n’ont pas manqué non plus de rappeler qu’« on aime les OGM ».

La police, peu habituée à ce genre de démonstration, s’est interposée entre le centre commercial du Polygone et eux, empêchant les manifestants de laisser déborder leur amour pour les grandes chaînes de magasins qui y sont représentées. Demeurant chaleureuse malgré cette incompréhension, la foule a acclamé la ligne de policiers aux cris de « Nous sommes fiers des violences policières » et de « Policier, quel beau métier », rappelant également qu’« un œil crevé, c’est pas si grave que ça ». Les riches se sont alors agenouillés devant les respectées forces de l’ordre pour célébrer avec elles la Très Sainte Messe de la Consommation.

D’autres moments d’incompréhension se sont malheureusement succédés peu après. La foule des patrons a d’abord voulu rencontrer les salariés de Monoprix pour leur rappeler le respect inconditionnel qu’ils doivent à leur direction : les vigiles, plus habitués à devoir gérer des marques d’hostilité, ont cru bon de baisser le rideau de fer. Mais c’est en descendant vers Antigone pour tenter d’entrer malgré tout dans le Polygone que les sympathiques riches ont eu affaire à la plus grosse bourde des forces de police. Alors en sous-nombre, ils n’ont pas hésité à salir costumes de marque et sacs griffés avec leurs gazeuses.

La foule des patrons a alors pris la mesure des provocations policières que seule la majorité, des pauvres et des exploités, a normalement à subir, des insultes aux « viens dans le couloir toi, juste toi et moi tu vas comprendre ». Un agent, à qui le soleil avait probablement trop tapé sur la tête, a affirmé qu’il retrouverait probablement les deux riches pris à parti, et ce en dehors de son service, pour leur en faire voir de toutes les couleurs ! Pendant ce temps, un grand nombre de policiers de la BAC et des RG s’étaient positionnés tout autour du cortège afin de faire pression pour qu’il emprunte un autre chemin. Une bien triste mésaventure causée par des forces de police qui bénéficient pourtant de toutes les largesses des gouvernants et des manifestants qui défilaient cet après-midi.
Espérons qu’avec la multiplication des initiatives de ce style de la part de la classe dominante, ce genre d’incident ne se reproduira pas !