^

Société

Violences policières

[VIDEO] Une enquête est ouverte après le buzz vidéo d’un policier se battant avec un jeune

Le 27 juin, une scène de combat de rue entre un policier et un jeune dans le 18ème arrondissement est tournée. Elle fera rapidement le tour de la toile et sera visionnée des centaines de milliers de fois, jusqu'à ce que le parquet de Paris décide d'ouvrir une enquête ce lundi 17 juillet.

Interrogé par France 24, Dybala, le jeune que l’on voit se battre sur la vidéo raconte la scène. Alors que ses amis et lui s’étaient installés devant chez l’un entre eux pour jouer à la console à l’extérieur, "La patrouille est venue une première fois. Le policier avec qui je me suis battu par la suite était déjà nerveux et agressif. Il a menacé de nous gazer si on ne rangeait pas la PlayStation. Ses collègues étaient calmes." Puis, les policiers sont repassés. "Nous avions commencé à ranger quand le policier s’est dirigé vers moi et m’a poussé en me parlant mal ", affirme Dybala. "Il a fini par me mettre une gifle. Moi aussi je suis nerveux et insolent, alors je lui ai dit de se décaler et de me gifler à nouveau s’il ose. Il l’a fait.". S’en est suivi l’altercation filmée. Dybala raconte également que quand il a recroisé le policier, celui-ci l’a à nouveau provoqué en lui disant : « alors t’es content, tu fais le buzz ? ».

Des méthodes fréquentes

Cette affaire remet sur le tapis des échos sur des faits similaires qui avaient surgi après le viol de Théo à Aulnay par des policiers. Un de ses proches confiait alors que « Les flics, ici (à Aulnay NDLR), donnent des rendez-vous pour se bagarrer dans les halls, une fois c’est arrivé avec un chef de poste et des petits de 16/17 ans ». Un témoin de la scène filmée raconte aussi que « faire le coq dans la basse-cour, surtout devant ses collègues, ce n’est pas nouveau. Les histoires de ce genre, on en connaît tous ».

La justice fait encourir aux deux hommes la même peine, jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende pour violences volontaires. Des peines surréalistes car si cette pratique courante fait partie du lot de méthodes d’harcèlement policier envers les jeunes des quartiers, comment croire que ce type de combats se fait à la « régulière » ? Il suffit de voir la fuite précipitée de Dybala et de ses amis après qu’il ait gagné le combat pour comprendre. Il est de plus difficilement imaginable que le policier puisse être condamné, après les multiples violences policières allant jusqu’au meurtre qui ont été classées sans suite, voire ont conduit grand maximum à des peines de sursis pour les forces de l’ordre, à l’image des affaires Zyed, Bouna, Théo et Adama.




Mots-clés

Violences policières   /    Société