Société

Un fichier unique de surveillance de masse ? Le PS l’a fait !

Valls is watching you ! Le nouveau critère pour être fiché ? Avoir dépassé les 12 ans !

Publié le 1er novembre 2016

C’est la nouvelle trouvaille du gouvernement socialiste, qui décidément fait preuve d’une imagination débordante en matière sécuritaire. En effet, un décret paru le 31 octobre a annoncé la mise en place d’un fichier national regroupant ... 60 millions de personnes ! Un outil de surveillance de masse dans la droite lignée du tournant bonapartiste de l’Etat français.

Julian Vadis

Un fichage de masse, comprenant 60 millions de personnes !

 
Quelle pourrait être la consécration pour un gouvernement qui s’emploie, semaine après semaine, à militariser les rues, réprimer le mouvement social ou bien encore faire taire toute idée critique ? Avoir à disposition un outil permettant de recenser l’ensemble de la population. Et bien, le gouvernement socialiste a officiellement franchit le pas ! En effet, au détour d’une annonce en plein week-end de la Toussaint, l’exécutif a annoncé la création d’un fichier national recensant ... 60 millions de personnes ! Le critère pour être inscrit dans ce fichier ? Avoir plus de 12 ans ! Pour ce faire, le gouvernement s’est passé de l’avis de la CNIL et est passé outre le fait que ce texte ait été censuré ... par le Conseil Constitutionnel lui même. « Du point de vue du droit, le gouvernement peut parfaitement créer un tel fichier par décret  » a ainsi annoncé Gaëtan Gorce, sénateur PS et commissaire de la CNIL avant de pointer «  un problème politique et démocratique ». En effet, pour le sénateur, « un tel fichier, par son ampleur, ne devrait pas pouvoir être créé sans qu’il y ait un grand débat public. Il a semblé à la Cnil que compte tenu de son caractère exceptionnel, il aurait été normal qu’il y ait un débat parlementaire.  »

Concrètement et officiellement, un tel fichier recensera la couleur des yeux, la taille, l’adresse, la filiation des parents, la photo d’identité et en principe les empreintes digitales de chaque personne de plus de 12 ans en France. Si Jean-Marc Manach, journaliste et auteur spécialisé dans les questions de politique numérique, s’inquiète du fait que l’élaboration d’une base de données centralisée est dangereuse puisqu’ « expose au risque de fuite des données  », en référence notamment au piratage de juillet 2015 aux États-Unis, où les données de 21.5 millions de personnes avaient fuité, il semble que l’intérêt répressif l’ait emporté sur ces potentiels problèmes.

Délire sécuritaire du gouvernement Valls ? Une réforme comme suite logique du tournant bonapartiste.

 
Nous avions les fameuses fiches S, plus efficaces pour recenser les militants et les supporters de foot que les terroristes, nous avions eu le fichage sur Facebook, voici donc le fichage intégral de la quasi totalité de la population, en attendant le décret permettant de ficher les maternelles et les nouveaux nés. Une vision totale de la population accessible par la police et la gendarmerie, mais aussi les préfectures, les services de renseignements, les douanes, à l’heure où les questions sécuritaires provoquent une fuite en avant de l’ensemble de la classe politique. Dès lors, la thèse d’un délire sécuritaire du gouvernement Valls pourrait être crédible. Pourtant, cette annonce entre clairement dans le tournant bonapartiste de l’État Français, enclenché depuis de long mois et qui avait vu ses prémisses lors de la répression du mouvement Rémi Fraisse en octobre 2014. C’est un pas de plus dans un Patriot Act à la française puisque, comme les experts l’ont dit, ils pourraient être très dangereux si ces fichiers tombaient dans les mains d’un régime autoritaire… Régime autoritaire dont le gouvernement PS se rapproche de plus en plus.

En effet, voila un dispositif qui devrait plaire aux centaines de policiers qui manifestent dans les rues, cagoulés et armés, en réclamant un permis de tuer et de nouveaux moyens répressifs ! Sur le terrain sécuritaire, le gouvernement PS semble même avoir un temps d’avance sur ces manifestations réactionnaires qui, en dernière instance, visent à renforcer un bras armé prêt à dégainer, comme nous avions pu le voir lors du printemps dernier, pour mater les mouvements sociaux. Ce que veut nous dire le gouvernement à travers ce décret est bien : Ne faites rien surtout, restez bien sage, car rappelez-vous : Valls is watching you !