^

Politique

Recompositions

Valls soutiendra Macron : la candidature PS plus faible que jamais

C’est au terme d’un long feuilleton que Manuel Valls a annoncé ce matin sur BFM TV qu’il soutiendrait Macron au premier tour aux présidentielles. C’est un nouveau pas de franchi dans la décomposition du candidat PS. Crédits : LP/FREDERIC DUGIT

Manuel Valls soutiendra les forces « progressistes et réformistes »

Après l’avoir nié pendant plusieurs semaines, l’interview de Manuel Valls était très attendue, chez les macronistes comme au PS. Hamon avait même dénoncé la possibilité une telle trahison, parlant, des « coups de couteaux dans le dos » dont il serait victime. Mais le couperet est tombé « non, je ne voterai pas pour Benoît Hamon … ; oui, je voterai pour Emmanuel Macron » au premier tour de la présidentielle, a confirmé le député de l’Essonne. « Rien n’est joué pour le premier tour, ni pour le second, dans un climat nauséabond. Je crains une abstention forte, je m’étonne aussi qu’on ne souligne pas plus le risque du Front national... Je ne prendrai aucun risque pour la République, pour la France », a expliqué l’ex-premier ministre, avant de prendre ses distances avec Benoît Hamon, le candidat issu de la primaire à laquelle il avait participé : « Je veux donner plus de forces au candidat réformiste, progressiste » a-t-il expliqué, avant de se démarquer de l’ « erreur de campagne » de Benoît Hamon, qui «  consiste à courir après Mélenchon et taper Macron  ».

Tir de barrage des soutiens d’Hamon contre la trahison de Valls

Après les nombreux soutiens qu’a retenu Macron au sein du PS, le ralliement de Manuel Valls est un poids lourd qui vient renforcer considérablement le candidat d’En Marche ! La semaine dernière, trois membres du gouvernement, dont le ministre de la défense Jean-Yves le Drian, ont annoncé leur ralliement à leur ex-collègue de Bercy. Le ralliement de Manuel Valls continue cette séquence, qui affaiblit considérablement le candidat issu des primaires.

Car malgré les engagements que Valls avait pris lors du scrutin de janvier, ce dernier estime qu’il n’est en rien coupable d’une trahison envers son parti, arguant de la nécessité de lutte contre le FN dans un contexte où Benoit Hamon ne dépasse plus les 12% et pointe cinquième dans la course à l’Elysée. Au micro de Jean-Jacques Bourdin qui lui a demandé s’il risquait d’être exclu du PS, il a même ironisé : « Moi ? Je serais exclu par ceux qui n’ont respecté aucune règle pendant 5 ans ? ». Les soutiens d’Hamon ont cependant dénoncé le revirement de l’ex-premier ministre, dans des termes très durs :

Macron renforcé rappelle qu’il veut « changer les visages »

Celui qui est maintenant au coude à coude avec Le Pen, s’il est évidemment renforcé par ce soutien, a tout même expliqué que ce soutien n’équivalait pas à une place au sein de gouvernement. Après le soutien de Le Drian, des proches du candidat avaient en effet confié attendre maintenant plus de soutien de la droite que de gauche. Interrogé sur Europe 1 après Valls, Macron a d’abord remercié son ancien premier ministre pour son soutien, avant de prévenir : « je serai le garant du renouvellement des visages et des pratiques ». Quand le journaliste lui demande si cela équivaut à l’absence de Valls dans un gouvernement Macron, le candidat a répondu « vous l’avez compris ». Un soutien donc, pas une place au gouvernement.




Mots-clés

PS   /    Politique