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Débats

#1917. Histoire, révisionnisme et maccarthysme

Variations sur 1917 et l’anticommunisme. Du Lénine d’ARTE aux chiens de garde du Figaro-Histoire

Nous le rappelions au début d’un précédent article sur les enjeux du centenaire de la révolution russe : celui-ci ne pouvait manquer de voir ressurgir toutes sortes de commémorations, et en particulier la réédition de diabolisations déjà traditionnelles. Le Figaro Histoire n’a ainsi pas manqué de relancer les hostilités avec son numéro spécial n° 30 de février-mars, intitulé « Les neufs mystères de la révolution russe ». Le sous-titre, « Quand Lénine inventait le totalitarisme », ne fait pas dans la dentelle, reconduisant l’antienne du falsificationnisme aussi crasseux qu’enraciné depuis Le livre noir du communisme# de 1997. Aucun étonnement à avoir, mais un maccarthysme tenace, qu’il faut continuer de déconstruire et de dénoncer. La couverture, plus ambivalente, caractéristique du documentaire diffusé le 28 février sur Arte « Lénine, une autre histoire de la révolution russe », qui fait directement écho aux orientations de « l’histoire sociale » de 1917, sert ici de point de départ.

Par-delà la guerre froide entre historiographies libérale et stalinienne, « l’histoire sociale » et le double impact de sa revalorisation de février 1917

Malgré la guerre froide historiographique, qui a duré jusqu’au début des années 90, opposant les deux grandes interprétations historiques - la libérale et la stalinienne - de 1917, les années 60-70 ont vu émerger un troisième paradigme : celui de l’« histoire sociale ». Son mérite fut de mettre l’accent sur la réalité populaire de l’année 1917, en y réinscrivant dûment les turbulences des formations politiques en général, et la trajectoire des bolchéviques en particulier ; cette troisième approche s’est également inscrite, sur un certain nombre de points, en faux contre les deux précédentes.

Refusant la réduction de l’écriture de la révolution russe à celle des forces politiques « d’en haut », au profit d’une immersion dans une « révolution par en bas » bien plus foisonnante, plurielle et non monolithique que les deux autres, malgré leurs oppositions, ne laissaient pas entendre, de M. Ferro à A. Rabinowitch en passant par Orlando Figes et Nicolas Werth, et tant d’autres [1], l’histoire sociale de 1917 apporte dans l’ensemble une série d’éléments, d’approfondissements, de clarifications qui permettent de mieux comprendre la complexité réelle du processus.

La variété de ce paradigme interprétatif empêche d’en donner une description unilatérale. Mais ce qui la caractérise reste la revalorisation de la révolution de février 1917 [2], en opposition à la focalisation (quels qu’en soient les raisons et les motifs) largement déterminante sur Octobre qui avait prédominé auparavant. Bon an mal an, une idée-force se dégage de ce décentrage : février 1917 a été libérateur, et contrairement même au mythe libéral d’une révolution démocratique « pacifique », plus d’un millier de morts étant à noter, c’est jusque dans la compréhension profonde de la violence populaire, en particulier chez les soldats contre leurs officiers, que ce premier grand épisode de 1917 est revisité - à savoir comme retour de bâton sanctionnant des siècles de misère, de répression et d’humiliation (voir Figes par exemple [3] ; Werth quant à lui, comme Eric Aunoble le souligne, décrit en termes quasi-« libertaires » la « libération » de la période post-février 1917 [4]).

Cette orientation tranche profondément avec la falsification idéologique couronnée par la criminalisation rétrospective, la lecture « totalitariste », du projet révolutionnaire, telle qu’elle a pu être défendue par exemple chez les Ernst Nolte, François Furet, Richard Pipes, ou encore Martin Malia, et, last but not least, par Stéphane Courtois en France, comme on le verra plus bas [5]. Bien sûr, certains, comme Figes, lisent l’histoire ultérieure de 1917 comme l’expression dérivée de cette violence populaire, et tendront à dire – sans pour autant accréditer la thèse d’octobre 1917 comme simple « coup d’Etat » – que le ver était dans le fruit dès le début. Même si l’on peut être en total désaccord avec cette thèse, qui sous-détermine gravement la situation d’encerclement de la Russie, les conditions matérielles absolument dévastatrices induites par la guerre civile, l’échec des processus révolutionnaires en Europe, etc., ce n’est pas la même chose d’affirmer que le degré de violence accumulée dans les classes populaires sous le tsarisme était tel que toute révolution ne pouvait dépasser ni surmonter cet état de fait, et dire que l’objectif et la pratique révolutionnaires sont « génétiquement » criminels.

Il n’empêche : une part significative de cette histoire sociale ne revalorise pas février 1917 sans d’âpres conséquences pour Octobre. A l’opposé d’historiens comme Rabinowitch ou Lewin, c’est un anti-léninisme et un anti-trotskysme puissants, jouant la « vraie » révolution, la révolution libérale-démocratique, bourgeoise, février, contre le mal d’Octobre, et tout le monde ou presque contre les bolchéviks, qui finissent par donner le ton et, l’air de rien, retrouvent par la bande l’historiographie conservatrice la plus contestable. [6]

Où l’on comprend mieux la « schizophrénie » du documentaire d’Arte « Lénine, une autre histoire de la révolution russe » (2016)

C’est dans ce contexte qu’on peut comprendre la « schizophrénie » du film documentaire diffusé sur Arte mardi 28 février, « Lénine, une autre histoire de la révolution russe », qui va totalement dans ce double sens. Ce n’est pas le moins du monde un hasard : Marc Ferro, grande figure de cette histoire sociale, en est l’un des co-auteurs, avec Cédric Tourbe, réalisateur, et Michel Dobry, sociologue spécialiste des crises politiques. « Dense et minutieux » dit France-Inter, « formidable relecture de l’année 1917 déprise des fables qui l’ont maquillée au fil du temps et au gré des idéologies », marquant une « vision moins héroïque » « bienvenue », dit Le Monde : ces éléments sont justes. Mais le documentaire, construit en bonne part à partir des chroniques du menchévik Soukhanov, est simultanément un procès à charge contre Lénine : portrait totalement psychologisant, où celui-ci est présenté, comme aux belles heures du maccarthysme, comme celui « qui a passé son temps à exclure et à diviser », qui a été l’incarnation de ce qui s’opposait à « l’esprit de février et à l’unité des révolutionnaires » - bref, un « dogmatique », « conspirateur », « frustré » qui ne souhaitait qu’une chose, obsédé par l’insurrection, « prendre le pouvoir sans partage »…

Le Figaro-Histoire ne s’y est pas trompé, ayant bien compris ce qui allait en être retenu : d’où son invitation à voir ce « documentaire français de qualité sur le rôle de Lénine… qui permet de comprendre comment il a su confisquer la révolution pour en devenir le seul maître ». (p. 95). Ou quand un documentaire réellement assis sur des travaux historiques de qualité, se construit simultanément sur un portrait de part en part parasité par le refus de comprendre et la volonté de stigmatiser, permettant par avance de disqualifier la stratégie bolchévique d’Octobre, et la suite. Sans approfondir plus avant sur cette histoire sociale [7], concentrons-nous sur cette « conception policière de l’histoire » une nouvelle fois portée par le Figaro-Histoire, pointe avancée de la réaction.

20 ans après Le livre noir du communisme, les chiens de garde sont toujours là

L’éditorial du Figaro-Histoire de De Jaegher se réfère d’abord à cette histoire sociale (nommément Werth et Figes) contre l’interprétation « marxiste » hagiographique (c’est-à-dire stalinienne) et l’« historiographie libérale » qui réduisait 1917 à un « malheureux accident de parcours » ayant permis à « une poignée de révolutionnaire fanatique sans assises dans le pays réel de s’imposer par le violence ». Et il écrit : « Le tableau gagne en complexité, en nuances. Il fait la meilleure part à la liberté humaine, aux hasards, aux erreurs d’appréciation, dessine une histoire où se lisent en creux une multitude de possibles, une ramification de scénarios inaboutis », au service de l’idée d’une révolution russe « au pluriel » sur laquelle « la plupart des historiens » convergeraient. Bien. Mais, très vite la hargne habituelle resurgit : de ce qu’aucun acteur de 1917 n’est univoquement responsable, au final, c’est la faiblesse des uns et des autres qui… a rendu possible la révolution et ses crimes, thèse que le titre de l’éditorial « Le mal court » (merci Audiberti ?) profilait dès le début. Et de conclure ce qui suit :

« Si Lénine fit, avec ses adversaires, la différence, ce n’est pas pour avoir incarné mieux qu’eux les aspirations de la population : c’est qu’appuyé sur la force que recèle, quand on la libère, la soif de revanche sociale, il ne mit, arrivé au pouvoir, plus aucune limite à la violence de l’Etat. Nicolas ll et le gouvernement provisoire avaient tour à tour réprimé sans ménagements leurs opposants. Lui fit de la terreur de masse un instrument ordinaire de commandement. Bientôt les ennemis de classe tomberaient par milliers sous les balles des tchekistes quand ils ne seraient pas roulés dans des tonneaux cloutés ou enfermés nus dans des cages à rat. Le jeu de dupes dont les révolutions russes furent le théâtre illustre la phrase de Machiavel sur les crimes que doit s’autoriser le prince : « Ce sont là des moyens très cruels. (...) Tout homme doit les fuir et préférer la condition de simple particulier à celle de roi, au prix de la destruction de tant d’hommes. Néanmoins, tout homme qui a écarté la voie du bien doit suivre celle du mal pour se maintenir. Mais la plupart des hommes choisissent certaines voies moyennes, qui sont les pires de toutes, parce qu’iIs ne savent être ni tout à fait bons ni tout à fait méchants... »

Sans revenir ici sur cet usage sempiternellement marqué du double discours que les intellectuels bourgeois font de Machiavel, soit pour justifier l’ordre existant et les pratiques qui servent leur intérêts, soit pour criminaliser leurs adversaires, la ligne est claire, qui irrigue tout le volume. Elle est incarnée au summum par l’énième torchon de Stéphane Courtois consacré à Lénine, ledit « inventeur du totalitarisme », où « le vrai Lénine », qui «  n’a rien à voir avec l’image de propagande forgée par les communistes » est une nouvelle fois présenté comme « l’instigateur de l’un des systèmes politiques les plus meurtriers de l’histoire » (p. 66), « l’assassin de la démocratie russe », etc. etc., à partir de quoi «  on peut guère s’étonner qu’à suivre les leçons d’un tel maître, Staline ait été amené, en 1928… à provoquer, sur une encore plus grande échelle, les même désastres humains que la Russie avait connus sous Lénine. Pour l’un comme pour l’autre, l’Homme n’était qu’un matériau que l’on pouvait utiliser à son gré pour construire la société communiste, cette utopie meurtrière ».

Une « conception policière de l’histoire » au service d’un anticommunisme viscéral

C’est depuis les années 1970-80, et surtout après la chute de l’URSS en 1991, qu’un « nouvel anti-communisme » radical, selon la formule utilisé alors par Enzo Traverso, procédant à une relecture du XXe siècle dans un esprit comparable à celui du maccarthysme américain, s’est déployé en se basant sur une série de travaux d’historiens, notamment ceux d’Ernst Nolte en Allemagne, puis en France ceux François Furet, dans un contexte intellectuel marqué tout particulièrement R. Aron en France et H. Arendt en philosophie, et aboutissant en 1997 au Livre Noir du communisme. [8] Ce nouvel anti-communisme devint un véritable « paradigme » dont la force a coïncidé avec le néolibéralisme triomphant, venant thatchériennement justifier le fait que la démocratie libérale était l’horizon indépassable et le seul modèle politique viable. Dans le cas hexagonal, ce tournant idéologique a été particulièrement favorisé par un environnement intellectuel combinant la fin de course de l’hégémonie stalinienne, les « nouveaux philosophes » dont le fonds de commerce avait été l’anti-68, et le début d’un post-modernisme qui jeta allègrement le bébé du marxisme avec l’eau du bain soviétique, sous des formes parties parfois loin sur la droite - bref l’environnement d’un « néoconservatisme à la française », comme nous le disions dans un texte antérieur, toujours structurant, même si le milieu intellectuel d’aujourd’hui est en train de recomposer ses lignes de fracture.

Chez Nolte et Furet, l’un des piliers est l’homologie établie avec le nazisme, sous le vocable aussi sévèrement discutable que confortablement englobant de « totalitarisme », allant parfois jusqu’à défendre l’idée qu’au fond le nazisme, même s’il n’est pas justifiable, s’explique surtout comme réaction au communisme. Nolte parle d’une « forme particulière d’anti-bolchévisme », certes contre-révolutionnaire, mais en tous cas indissociable de ce dernier, disant même que le nazisme et son antisémitisme furent au fond avant tout un « bolchévisme inversé ». Plus largement, le marxisme, et pas seulement le communisme et le bolchévisme, est rétrospectivement caractérisé comme une idéologie d’extermination, certes de « classe » et pas de « race », mais ce distinguo est considéré comme secondaire. Comme cela a été démontré par une série d’études plus récentes, c’est au détriment de toute généalogie historique rigoureuse et moyennant un véritable « idéalisme » que ce genre de thèse a pu s’enraciner, consistant à marteler, à l’image du best-seller de Furet de 1995 Le passé d’une illusion. Essai sur l’idée communiste au XXe siècle, que c’est « l’idée » même de communisme qui est intrinsèquement criminelle et porteuse de « totalitarisme », à l’image du jacobinisme et de la terreur révolutionnaire de 1793 dans la relecture desquels Furet avait préalablement fourbi ce type de révisionnisme. [9]

Dans le prolongement, Le livre noir du communisme, publié en 1997, qui sera un véritable succès de librairie, Stéphane Courtois assumait de fait que sa critique à charge des « crimes » du communisme n’était pas seulement motivée par le sens de la science : « cette connaissance historique ne peut s’abstraire d’un jugement qui répond à quelques valeurs fondamentales : le respect des règles de la démocratie représentative et, surtout, le respect de la vie et de la dignité humaine. C’est à cette aune que l’historien "juge" les acteurs de l’histoire » écrivait-il (Livre noir, p. 40). Choix limpide du camp des vainqueurs qui le conduisait, de raccourcis en approximations, à faire de lui le chef de file de ce qu’il y a de plus abject en matière de pseudo-histoire - au point que, pourtant contributeur du Livre noir, Werth a tenu à se dissocier fermement de ses raccourcis, même si la conclusion de son tout dernier opus, cf. note [1], s’en remet une nouvelle fois à Furet, fût-ce sous des formules plus prudentes.

Daniel Bensaïd, dans « Communisme contre stalinisme. Réponse au Livre noir du communisme » en 1997, tout en mettant en perspective ce qu’on peut très légitimement appeler les « crimes du stalinisme » et les apports de l’historiographie sérieuse sur ce plan, mais aux antipodes des comptabilités mortuaires biaisées, écrivait ceci : Courtois «  se défend parfois d’avoir réclamé un Nuremberg du communisme, probablement gêné de rejoindre sur ce thème une formule chère à M. Le Pen. Pourtant, la mise en scène du Livre noir tend non seulement à effacer les différences entre nazisme et communisme, mais à banaliser en suggérant que la comparaison strictement « objective » et comptable tourne à l’avantage du premier : 25 millions de morts contre 100 millions, 20 ans de terreur contre 60. Le premier bandeau de présentation du livre annonçait tapageusement 100 millions de morts. Le décompte des auteurs parvient à 85 millions. M. Courtois n’est pas à 15 millions près. Il manie le cadavre à la louche. Cette comptabilité macabre de grossiste, mêlant les pays, les époques, les causes et les camps a quelque chose de cynique et de profondément irrespectueux pour les victimes elles-mêmes. »

La « conception policière de l’histoire et de ses bavures » selon la formule de Bensaïd, que de tels procédés reflètent et justifient à la fois, continue à l’évidence de sévir. Il suffit de lire la bibliographie « sélective » du numéro spécial Figaro-Histoire pour s’en faire une idée, où Courtois reste la figure de proue : outre ses grandes « œuvres » qui répètent toutes la même chose, et celles naturellement, d’Hélène Carrère d’Encausse, on apprend par exemple que le seul problème d’Orlando Figes, là où son ouvrage est « moins convaincant », c’est « lorsque qu’il refuse, comme l’historiographie soviétique, de voir dans la révolution un coup d’Etat ». Le lecteur se trouve alors nanti d’une sélection sur le tsarisme et la grande Russie, mais on cherchera en vain quelques volumes un peu sérieux sur la paysannerie, la classe ouvrière, une mise en perspective un minimum honnête sur les débats qui existent. Naturellement, aucune des nombreuses études scientifiques dignes de ce nom, des Broué, Marie, Lewin, et même des Ferro, Rabinowitch, Carr etc. n’est ne serait-ce que mentionnée. Par contre, factuellement décrit comme « une critique féroce du communisme et du gouvernement soviétique » on est convié à lire ce qui est présenté de fait, en encadré excusez du peu, comme un livre de référence : Tintin au pays des soviets (version colorisée)

« Le bolchévisme est-il responsable du stalinisme ? »

Terminons en ouvrant la discussion sur le véritable enjeu. Rappelons d’abord que stalinisme et historiographie conservatrice, formellement aux antipodes, ont cependant une thèse profonde en commun : celle de la continuité totale entre 1917 et le régime du « petit père des peuples » (le premier la revendiquant en l’héroïsant pour se justifier, la seconde pour la pourfendre). De même que la thèse d’une absolue discontinuité n’aurait aucun sens, cette affirmation ne résiste absolument pas à une véritable analyse. « Le bolchévisme est-il responsable du stalinisme ? » A cette question, que Trotsky s’est posée bien avant tout ce beau monde, dans La révolution trahie en particulier (voir notamment le chap. 5), et qui dans l’évidence reste aujourd’hui un enjeu de lutte majeur, Trotsky répondait en résumant, dans « Bolchévisme contre stalinisme » en 1937 sa vision de la contre-révolution bureaucratique, du Thermidor stalinien : « évidemment le stalinisme est sorti du bolchevisme ; mais il en est sorti d’une façon non pas logique, mais dialectique ; non pas comme son affirmation révolutionnaire, mais comme sa négation thermidorienne. Ce n’est nullement une seule et même chose. »

Ne laissons ni thermidoriens ni maccarthystes nouvelle génération continuer d’invisibiliser la compréhension matérialiste et dialectique de cette contre-révolution, et des moyens de la surmonter définitivement aujourd’hui en théorie et en pratique. Vaste débat sur lequel, en repartant bien sûr d’Octobre et en accueillant ce que l’histoire sociale apporte de neuf, mais en la combattant là où d’un même mouvement elle abandonne la science et rejoint le mauvais côté de la barricade, nous tenterons de revenir dans un prochain article.

NOTES

[1] Voir le tout frais Nicolas Werth, Les révolutions russes, Paris, Puf, 2017 (QSJ n° 986) ; Orlando Figes, La révolution russe. 1891-1924 : la tragédie d’un peuple, 1996, 2. T. Paris, Gallimard, 2007 (préfacé par Marc Ferro), ainsi que les références données en fin de notre précédent article. Pour une vision globale, lire en priorité J. E. Marrot, The October Revolution in Prospect and Retrospect, Interventions in Russian and Soviet History, Leiden-Boston, Brill, 2012 (Historical Materialism Book Series, vol. 37), ch. III, « Class-Conflict, Political Competition and Social Transformation : Critical Perspectives on the Social History of the Russian Revolution », p. 117 et suiv.

[2] Cf. T. Hasegawa, The February Revolution, Petrograd, 1917. The End of Monarchy And The Birth Of Dual Power, première éd. Seattle, University of Washington Press, 1981.

[3] Cf. par exemple Figes, op. cit., t. 1, p. 582-583. Pour approfondir, cf. Mike Haynes, « The Debate on Popular Violence and the Popular Movement in The Russian Revolution. A Liiterature Review », Historical Materialism, Vol. 2-1, 1998, p. 185 – 214.

[4] Eric Aunoble, La révolution russe. Lectures et représentations depuis 1917, Paris, La Fabrique, 2016, ch. IV, p. 155 et suiv. Voir le compte-rendu de cet ouvrage sur Contretemps.

[5] S. Courtois & allii, Le livre noir du communisme. Crimes, terreur, répression, Paris, Robert Laffont, 1997.

[6] Cf. Werth, op. cit, p. 120-121.

[7] Cf. J. E. Marrot, op. cit. (note [1]). Les premières pages consacrées à l’identification des faiblesses épistémologiques de ce courant, touchant sa façon d’articuler le social et le politique, sont très éclairantes. Dit en passant, à nombre d’égards et indépendamment des apports empiriques, des inflexions différentes, etc., et même de schémas interprétatifs d’ensemble bien éloignés, le premier texte relevant pleinement d’une telle « histoire sociale » n’est autre que la première partie de L’histoire de la révolution russe de Trotsky.

[8] Voir pour l’exemple F. Furet & E. Nolte, Fascisme et communisme, Paris, Plon, 1998. Outre la contribution de Traverso qui y est incluse, cf. pour tout ce développement M. Haynes & J. Wolfreys, History and Revolution : Refuting Revisionism, London, Verso, 2007 ; D. Losurdo, Le révisionnisme en histoire, Paris, Albin Michel, 1996, ch. 3 en particulier ; R. G. Suny, « Obituary or Autopsy ? Historians Look at Russia/USSR in the Short 20th Century », Kritika : Explorations in Russian and Eurasian History, 3 (2), printemps 2002, pp. 303-319. Enfin, voir aussi de D. Bensaïd, en complément de l’article déjà cité, « L’État, la démocratie, et la révolution : retour sur Lénine et 1917 », 2007 et « Marxisme contre totalitarisme » (1984). Pour élargir sur Arendt, voir Les origines du totalitarisme (1951) et son Essai sur la révolution (1963).

[9] M. S. Christofferson, Les intellectuels contre la gauche. L’idéologie anti-totalitaire en France (1968-1981), Paris, Agone, 2004, en particulier chap. I et VI, sur le caractère contre-révolutionnaire de la tradition anti-totalitaire F. Furet en particulier ; cf. aussi Losurdo, op. cit.

NB : la littérature sur ces sujets est vaste et les références ci-dessus loin d’être exhaustives. Voir les bibliographies détaillées que chacune d’elle contient pour approfondir.




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