Monde

Tournée Pacifique-Amérique

Vendre « l’exception française » ? Ce que signifie la visite d’Hollande en Amérique Latine.

Publié le 24 février 2016

Diego Sacchi, correspondance de Buenos Aires, et Nina Kirmizi

Signature d’accords commerciaux et tractations entre le Mercosur et l’Union Européenne, voilà les raisons de la visite de la présidence française en Amérique Latine. Dans le contexte de crise économique que traverse actuellement l’Amérique Latine, la France en profite pour avancer ses pions sur le continent. Comme d’habitude, « business is business ». Et ce n’est pas le discours sur les droits de l’homme, aux côtés du président argentin qui doivent faire oublier qu’avant tout, il s’agit de « real politik ».

Le président François Hollande a entamé sa tournée latino-américaine par le Pérou, et sera suivie d’une visite en Argentine, puis devrait se conclure par un passage en Uruguay. Une visite qui vient saluer des gouvernements de droite ultralibérale, et en particulier l’arrivée au pouvoir en décembre dernier de Mauricio Macri, le nouveau président argentin, lui qui incarne l’alternance et le retour de la droite conservatrice après la décennie de gouvernement Kirchner.

Lors de cette visite en Argentine, il est prévu qu’Hollande s’agrège à une rencontre avec les organismes des Droits de l’Homme, durant laquelle il prononcera un discours. Hollande meilleur VRP des intérêts du patronat français, ne perd décidément pas une occasion pour jouer des faux semblants, quand on sait qu’il est l’instigateur dans son propre pays d’un état d’urgence qui limite les libertés d’expression, et donne tous les pouvoirs aux policiers. Il va sans dire que tout cela constitue la façade d’âpres négociations commerciales qui ont l’objectif assumé de « renforcer la présence française en Amérique Latine » : la fin des gouvernements dits « populistes de gauche » offre à l’Union Européenne (l’UE) une porte d’entrée nouvelle pour relancer les négociations commerciales entre l’UE et le Mercosur, mais également au gouvernement français qui a d’ores et déjà avancé l’idée d’étendre la chaine télévisée France 24 au continent en développant des programmes hispanophones.

De plus, dans un contexte économique de plus en plus difficile, le gouvernement argentin cherche à avancer de nouvelles relations commerciales bilatérales avec les principales puissances impérialistes, et à attirer également du capital et des investissements étrangers permettant d’ouvrir un nouveau cycle d’endettement et de trouver les moyens de stabiliser la situation économique.

Avec l’arrivée de cette « nouvelle droite » sur le continent, les possibilités pour les puissances d’avancer leurs intérêts économiques ne sont que facilitées. Une occasion que l’impérialisme français ne compte pas rater.