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Monde

Paris et Bruxelles dans les pas de Donald Trump

Les impérialistes européens menacent à leur tour le Venezuela

La réunion de rentrée du service d’action extérieure de l’UE qui s’achevait vendredi a confirmé la position des gouvernements européens sur le Venezuela : résolument du côté de l’ingérence impérialiste. Et Macron n’est pas en reste.

Federica Mogherini, la « ministre de centre gauche » des affaires étrangères européennes, avait annoncé la couleur, dès le 2 août, en demandant au gouvernement Maduro de revenir sur l’élection de la Constituante et en menaçant le régime chaviste de sanctions. Un pas de plus a été franchi lors de la réunion de rentrée du service d’action extérieure de l’Union Européenne, sorte de « Quai d’Orsay » bruxellois.

L’annonce a été précédée par la sortie remarquée d’Emmanuel Macron contre Caracas, lors de l’assemblée des ambassadeurs qui s’est tenue mardi. Selon le président, qui prépare sa rentrée sociale et qui en a profité pour tacler Mélenchon, les Français comprendraient « mal comment certains ont pu être aussi complaisants avec le régime qui est en train de se mettre en place au Venezuela. Une dictature qui tente de survivre au prix d’une détresse humanitaire sans précédent ». Pour un ancien ministre de Hollande, spécialiste des guerres impérialistes et grand ami des dictateurs africains et des pétromonarchies du Golfe, on aurait tendance à lui conseiller de balayer devant la porte de son service diplomatique.

La Commission de Bruxelles a donc embrayé, suivi de près par Antonio Tajani, le président du Parlement européen. Au nom des « valeurs de l’Europe » qui, comme chacun le sait, sont des valeurs de progrès et de non-ingérence, Tajani a repris lui aussi les mêmes éléments de langage que Trump en évoquant la nécessité de « prendre des sanctions contre le régime anti-démocratique de Maduro au Venezuela ». Là aussi on ne peut que rester perplexe devant l’émotion à géométrie variable du chef du Parlement bruxellois, représentant d’une Europe forteresse qui, tous les jours, condamne à mort des migrant-e-s en Méditerranée.

Il n’y a rien à défendre de la politique bonapartiste et autoritaire de Maduro qui, en coulisse continue à négocier avec l’opposition sous l’égide de l’ancien Premier ministre espagnol Rodrríguez Zapatero. En revanche, c’est un devoir de s’opposer résolument aux rodomontades néo-coloniales des impérialistes européens qui défendent, dans cette affaire, les intérêts de leurs multinationales, à commencer par leurs entreprises pétrolières qui exploitent le brut vénézuélien.

[Illustration. Caricature américaine représentant Cipriano Castro, chef d’Etat vénézuélien du début du XX° siècle, se faire plumer par les impérialismes britannique et allemand sous le regard de l’Oncle Sam. En 1902, Londres, Berlin et Rome enverront une flotte pour intervenir militairement contre le Venezuela et protéger leurs intérêts économiques.]




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